Les voitures ont toujours communiqué entre elles : deux coups de klaxon pour se saluer en se croisant, un appel de phares pour prévenir d’un contrôle de vitesse, le « warning » pour signaler un bouchon inattendu… Alors, pourquoi tant de bruit autour de la voiture communicante, du véhicule connecté ? Tout simplement parce qu’aujourd’hui, et encore plus demain, la technique change d’échelle !

Capture d’écran 2014-01-28 à 00.07.43Pour l’instant, reconnaissons-le, l’automobiliste lambda assiste surtout à une succession d’annonces. A quelques exceptions près, les services promis par les medias en quête de sensationnel sont encore  -ça tombe bien- virtuels. Mais tout de même, la voiture à qui l’on demande via son smartphone d’aller se garer toute seule quelques km plus loin existe bien. Tout comme cette berline de luxe qui prévient son concessionnaire qu’elle aurait besoin d’une petite visite d’entretien.  Ou les véhicules électriques qui échangent tout naturellement avec leur borne de recharge…

Aujourd’hui plus rien ne nous étonne ; les progrès du numérique, les innovations informatiques, les applis disponibles sur nos portables finissent par nous faire croire que tout est possible. Et on n’est pas loin de le penser, tant les équipementiers et les constructeurs nous promettent monts et merveilles.

Ici la lecture automatique des panneaux routiers, là des phares “intelligents” qui évitent d’éclairer les gouttes de pluie tout en illuminant la route. Chez Volvo, Renault ou PSA  comme chez Valéo, chez VW, Ford ou BMW comme chez Bosch, l’évitement automatique d’obstacles, le guidage vers la station service la plus proche, la création d’une « onde verte » qui fait passer les feux au vert pour optimiser la fluidité du trafic, ou encore l’ABS super intelligent qui prévient les autres voitures d’un freinage d’urgence sont des réalités. Prêtes à être commercialisées.

« Chacune de nos voitures est équipée de puces SIM qui permettent  à nos véhicules de communiquer » confiait Olivier Dumain, Directeur des ventes sociétés chez BMW -l’un des participants à la table ronde organisée par l’OVE sur les technologies embarquées au service de la sécurité automobile-. En écho, Guillaume de Vauchelle, directeur R&D du Groupe Valéo, rappelle les progrès attendus en matière de sécurité de ces « box » à quatre roues que vont devenir nos automobiles.

Quand le tableau de bord du nouveau Renault Captur accueille un véritable hub multimédia connecté en haut débit, les planches de bord des luxueuses berlines de demain collectionneront les calculateurs, les écrans, les fonctions… Le système Volvo on call, véritable ange gardien de la route, est déjà capable, en cas d’accident, de donner de multiples informations aux services de secours : nombre de personnes à bord, niveau du carburant restant, température intérieure et extérieure, fenêtres ouvertes ou fermées, et bien sûr position très précise du véhicule.

Position qui d’ailleurs sera confirmée par les véhicules proches du lieu de l’accident, ces derniers jouant de façon automatique un rôle de « veilleur », comme l’indique Jacques Garcin, Directeur Télématique chez Orange : « le rôle des opérateurs téléphoniques, des fournisseurs d’accès internet, sera prépondérant dans les années à venir : d’importants flux de données passeront par nos réseaux, chaque véhicule deviendra un fournisseur d’informations au service de ses occupants mais aussi des autres automobilistes. Le cloud, la 4G, permettront de véhiculer très rapidement une quantité importante de données. Les temps de réaction pour les actions de pilotage seront réduits à quelques millisecondes, ce qui modifiera profondément les relations des conducteurs avec tout l’écosystème concerné par leur véhicule. »

Google ne vient-il d’ailleurs pas de s’allier avec quatre constructeurs (Audi, GM, Honda et Hyundai) pour implanter Android dans les véhicules ? Rejoignant ainsi Apple qui avait quelques longueurs d’avance avec son programme « iOS in the Car » … Dans les laboratoires R&D tout le monde est à la manœuvre ; il faut dire que les enjeux sont considérables, et que personne ne sait vraiment qui sortira gagnant …ou perdant. De nombreux  business models vont devoir évoluer (dans les secteurs de l’assurance, de l’entretien, de la location, ou même du commerce), sans parler des mentalités ou des comportements … des automobilistes mais aussi des constructeurs.

Demain nos voitures deviendront-elles des sortes de « marketplace » ou, comme l’imagine Free Car Project, des apporteuses d’affaires dont le prix d’achat se verra remboursé au fur et à mesure des achats effectués grâce à elle dans les centres commerciaux ou les « POI » (Points of Interest) ? Prolongement naturel du smartphone ou de la tablette, le véhicule du futur (proche) sera sans nul doute très différent de celui que nous avons aimé au siècle précédent : le levier de vitesses sera remplacé par un joystick, le compte tours par un écran tactile ; quant aux performances, elles ne se mesureront plus en km/h mais en tera ou yottaoctets ! Comme le proposait Renault il y a quelque temps, à nous d’inventer la vie qui va avec !

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