Tourner le dos à la route plutôt que de tenir le volant, fixer l’écran de sa tablette au lieu de s’intéresser à la voiture que l’on suit, téléphoner ou gérer ses e-mails sans se préoccuper du trafic, tout cela sans quitter son siège de conducteur, possible ou pas ?  Et si oui à quelle échéance ?

13C857_10« Demain, voire aujourd’hui », répondent les constructeurs avec une belle unanimité ! Chez Volvo, VW, Mercedes, Ford ou Renault, on n’en est même plus au stade des expérimentations… Des systèmes sophistiqués d’aides à la conduite permettent déjà à certains véhicules de rouler de façon automatisée dans quelques cas précis : voies embouteillées, circulation en files. Mais la conduite automatique progresse aussi en matière de circulation sur autoroute ou dans les parkings. Avant de s’attaquer au problème plus complexe des déplacements urbains. Si la voiture totalement autonome n’est pas attendue avant 2025, on pense que les véhicules à conduite automatisée représenteront tout de même près de 12% des ventes mondiales* en 2035 !

 De nouveaux entrants comme Google, sont déjà très avancés dans leurs programmes. D’autres sont prêts à commercialiser leur premier véhicule à conduite automatisée d’ici la fin de la décennie. Nissan a réussi à faire homologuer au Japon un exemplaire de sa Leaf équipé de nombreuses assistances automatiques à la conduite. La « Google Car » de son côté a obtenu le droit de rouler sur les routes de Californie ou du Nevada… Quant au n°1 mondial, Toyota, il prévoit de lancer en 2015 un assistant de conduite sur autoroute combinant un dispositif de suivi du marquage au sol et un régulateur de vitesse en lien avec le véhicule qui précède.

Comment réagissent les autorités à ces évolutions ? Globalement de façon plutôt positive, estimant que le déploiement du véhicule autonome favorisera une circulation plus fluide, plus sûre et moins polluante. Et les automobilistes ? Plutôt sceptiques pour l’instant, ils se rangent en deux camps : ceux qui craignent de se voir dépossédés de leur rôle de conducteur et de perdre tout ou partie du plaisir de conduire ; et ceux qui au contraire entrevoient l’opportunité de pouvoir faire autre chose que de tenir les manettes… Ce qui dans tous les cas pose le problème de la responsabilité au volant.

Lors de la table ronde organisée par l’OVE sur « les technologies embarquées au service de la sécurité automobile », l’un des participants – Jean-Yves Le Coz, professeur et expert sécurité routière chez Renault- a soulevé la question : en cas d’accident avec une voiture roulant de façon autonome, qui sera tenu pour responsable ? Les Pouvoirs Publics qui organisent la politique des transports ? L’équipementier qui fournit la technologie embarquée ? Le constructeur qui l’intègre à la voiture ? Ou le conducteur que l’on invite à passer la main ? Vaste sujet qui aujourd’hui n’est pas réglé, d’autant que la Convention de Vienne, signée en 1968 par la France et de nombreux pays européens, spécifie toujours que le conducteur est le seul responsable à tout moment du comportement de son véhicule.

Si les voitures automatisées sont à nos portes, le cadre juridique nécessaire à leur circulation est, on le voit, à réinventer. Pas sûr que cela soit aussi rapide que l’évolution des capteurs, radars et autres scanners !

 *Etude IHS Automotive qui estime par ailleurs que « le nombre d’accidents sera proche de zéro pour ces voitures autonomes, que le trafic routier pourrait s’en trouver régulé et la pollution de l’air maitrisée grâce au développement de programmes optimisant la consommation d’énergie. »

 Comment ça marche (1) ?

Dès que le système d’assistance de conduite détecte un bouchon alors que la voiture roule en dessous de 60km/h, il invite le conducteur à céder le contrôle de son véhicule. La fonction

« Piloted Driving » prend alors le relais. Une fois l’embouteillage terminé, le conducteur reprend le contrôle du véhicule. La technologie fait appel à deux radars d’une portée de 250 m, d’une caméra lisant les lignes blanches et détectant les obstacles (piétons et voitures), de capteurs et d’un scanner laser.

 (1) ex. système « Audi Piloted Driving »

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