En renforçant le bonus pour les véhicules électriques et hybrides, le gouvernement va donner un (léger) coup de pouce au marché et aider (un peu) les constructeurs français. Mais, cela ne résout pas le problème plus profond de la compétitivité de notre industrie, ce sera pour plus tard.

7000 € de bonus pour les véhicules électriques au lieu de 5000 et 4000 € pour les hybrides au lieu de 2000 : telles sont les mesures phares du plan de soutien gouvernemental à la filière automobile. Toutefois l’aide aux véhicules hybrides est limitée à 10% du prix du véhicule ; en revanche, bonne nouvelle pour les entreprises, elles seraient éligibles au bonus des véhicules hybrides ce qui n’était pas le cas auparavant.

Du côté des constructeurs, on se félicite. « Renault salue la volonté de l’Etat de soutenir la filière automobile française, a déclaré Carlos Ghosn. Le Groupe se félicite tout particulièrement du signal fort envoyé en faveur des véhicules propres et notamment des véhicules électriques ». « C’est une excellente chose », indique Philippe Varin, le PDG de PSA.

Concrètement, ce nouveau bonus va abaisser  à 13 700 € le prix de base de la Zoé. Mais, la commercialisation est prévue pour la fin 2012 (des rumeurs démenties depuis laissaient entendre une commercialisation en 2013). Du coup, ça profitera surtout à la Fluence et au Kangoo ZE, ce qui n’est pas si mal. Ce nouveau bonus profitera également à Peugeot qui annonce un prix de départ de 10 900 € pour la Ion (ou 199 € / mois), en location longue durée sur 48 mois et 40 000 km, avec un apport de 3 199 € . Le prix de la Mia Electric passe à 13 848 € TTC, également dans le cadre d’une location longue durée de 48 mois ou plus. N’oublions pas non plus la Smart ED, produite en France à Hambach (Lorraine), et dont le prix pourrait atteindre 12 000 €. Lumeneo se félicite aussi de ces mesures, mais le prix de sa Neoma, même avec 7 000 € de bonus, se situe à 25 900 €.

En ce qui concerne les hybrides, les 3 modèles HYbrid4, (3008, 508 et 508 RXH) vont bénéficier assez largement de ce nouveau bonus. Mais ce n’est pas intéressant pour la Toyota Yaris HSD, made in France, dont le prix d’attaque va passer de 16 500 à 16 650 € du fait du plafonnement du bonus de 4 000 € à 10 % du prix du véhicule (18 500 €).

Précisons que ces bonus maxi ne seront appliqués que jusqu’à la fin 2012. Pour 2013, le gouvernement annoncera sa décision plus tard, dans le cadre de la loi de finances.

Parmi les autres mesures, le plan Montebourg annonce également une extension du bonus-malus aux acheteurs publics. Ainsi, au moins 25 % des véhicules achetés par l’Etat devront être électriques ou hybrides. Les collectivités territoriales et les entreprises publiques seront incitées à adopter la même démarche (rappelons cependant que le plan Bailly prévoit déjà la mise à la route de plus de 18 000 véhicules utilitaires électriques qu’il va bien falloir livrer).

Le dispositif prévoit également le déploiement sur tout le territoire de bornes de recharge, sans que leur nombre ne soit pour autant précisé. L’Etat va allouer une somme de 50 millions d’euros qui était déjà prévue par l’ancienne équipe au pouvoir.

Le plan gouvernemental précise que les efforts de la puissance publique en faveur du développement des véhicules électriques et hybrides sont conditionnés au maintien de leurs prix par les constructeurs automobiles et devront se traduire dans la localisation de la production de ces véhicules en France (ainsi que de leurs composants). Ce dernier point est intéressant, car les électriques de Renault n’ont rien de très français (hormis les moteurs électriques à partir de 2013 sur Zoé), pas plus que la technologie hybride diesel qui fait appel au savoir-faire de Bosch…

Souhaitons que ces mesures redonnent rapidement du tonus à un marché du véhicule électrique passablement éteint…

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