Et s’il existait une solution pour réduire les émissions de CO2 à un coût abordable, sans forcément passer par la voiture électrique ? C’est la proposition étonnante de l’équipementier français.

Ce que souhaite le groupe français, c’est démocratiser l’hybride pour aider les constructeurs à atteindre plus facilement le cap des 95 g de CO2 en 2020. Et c’est possible.

Plutôt que de proposer du full hybrid, comme Toyota par exemple (pour un coût de 60 à 80 euros par gramme de CO2 gagné), Valeo propose une solution plus simple qui réduit ce coût à 30 euro du gramme. Le concept ? L’équipementier propose de retirer le démarreur et l’alternateur du moteur thermique et d’ajouter des composants dont la taille et la puissance ont été calculées au plus juste. A savoir : une machine électrique, un onduleur, un convertisseur DC/DC, un superviseur pour la chaîne de traction et le contrôle moteur et un dispositif de stockage pour l’énergie électrique. Il est à noter que Valeo propose un réseau de bord à bi-tension, 12 volts pour les équipements à faible consommation et 48 volts pour les organes plus gourmands en énergie.

La transformation a été opérée sur une Peugeot 207 de série, motorisée par un 1,6 L THP essence. Sur ce véhicule de démo, Valeo a choisi d’intégrer des super capacités pour le stockage de l’électricité. Mais la technique fonctionne aussi avec une batterie lithium-ion.

 Première surprise quand on tourne la clé de contact : le moteur tourne au ralenti… électrique. Il ne consomme pas une goutte d’essence et tourne à un rythme inférieur au ralenti classique (500 tr/mn au lieu de 700). Le THP est entraîné par le moteur électrique. C’est aussi en mode zéro émission que se font les premiers mètres. Valeo appelle cela le décollage électrique.

L’énergie électrique sert aussi à assister le moteur lors des phases d’accélération. Mais, le concept est surtout très pertinent pour la ville, d’autant que le véhicule gagne au passage une fonction Stop & Start plus performante. Grâce à la récupération d’énergie lors des phases de freinage et au lever de pied, les super capacités se rechargent très vite. Ce qui fait qu’on se retrouve pendant 20 % du temps en mode électrique, sans même s’en apercevoir. Il est possible aussi de passer au point mort à vitesse stabilisée pour se retrouver en mode « roue libre » et ne rien consommer.

 Le résultat est étonnant avec un gain de 15,5% au niveau des émissions de CO2 (selon le cycle normalisé). Concrètement, cela se traduit par un niveau de gaz carbonique qui passe de 164 à 138 g sur la 207. Valeo a choisi des composants standards, qui peuvent être fabriqués en très grande série et à un coût abordable.

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Le concept a déjà séduit plusieurs constructeurs, aussi bien en Europe, qu’aux USA et au Japon. On devrait voir apparaître les premiers véhicules vers 2016/2017.

On peut même obtenir un gain de 5 % de consommation supplémentaires avec un peu de technologie en plus. En se basant sur le système de navigation, qui peut donner les détails sur le relief de la route (montée, descente), et en corrélant ces données avec une caméra de bord (utilisée pour la reconnaissance des panneaux stop et la couleur du feu tricolore), il devient alors possible de prévoir les phases d’arrêt et de redémarrage. On peut ainsi piloter plus finement le fonctionnement de la batterie.

Valeo a aussi d’autres solutions, comme son turbo électrique. Cet équipement a été par exemple présenté lors du dernier salon de Genève sur le concept Low Cost Super Hybrid. Sur une VW Passat, il était associé à un moteur 1,4 L essence turbo « downsizé », un Stop & Start et une batterie plomb-acide. Le projet, mené dans le cadre d’un consortium, montre qu’il y a du potentiel pour électrifier nos belles autos à moindre coût.

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