COP21

Que ce soit de la part du gouvernement ou de la mairie de Paris, rien n’est trop beau pour montrer que la France agit en faveur de la transition énergétique. Le problème est qu’aucune des mesures annoncées ne va vraiment changer quoi que ce soit.

Pour ceux qui l’ignoreraient encore, la France va accueillir la vingt-et-unième Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21). La manifestation aura lieu au Bourget, du 30 novembre au 11 décembre*. Un site plutôt mal desservi par les transports en commun et qui n’offre pas l’image d’un Paris très glamour. Mais, passons.

Ce qui est important, c’est de voir ce que va proposer la France. Le projet de loi sur la « transition énergétique pour une croissance verte », qui a été débattu au Parlement à l’automne et va être mis en œuvre en 2015, établit une série de grands objectifs :

D’ici à 2030 : réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 %, réduire la consommation d’énergies fossiles de 30 % et augmenter la part d’énergies renouvelables à 32 % ;

D’ici à 2050 : réduire la consommation totale d’énergie de 50 % et réduire les émissions de GES de 75 % par rapport à 1990.

Dans le domaine de l’automobile, qu’est-ce qui est prévu ? Plus que jamais, le gouvernement veut promouvoir la mobilité électrique. Alors que la demande était déjà faible quand le pétrole était au plus haut, on se demande ce qui pourrait motiver les français à se convertir à ce type de motorisation alors que le prix à la pompe a baissé. Un bonus ? Les propriétaires d’un véhicule diesel de plus de 13 ans, que l’on devine peu argentés, n’investiront probablement pas dans un véhicule électrique ou hybride rechargeable (secteur déserté par les constructeurs nationaux). Un des leviers peut venir d’une infrastructure de charge disponible à l’échelle nationale. Mais, l’opérateur retenu – le groupe Bolloré – n’a pas opté pour la recharge rapide, la seule qui puisse convenir à des usagers souhaitant faire de longues distances.

En revanche, rien sur l’hydrogène. Mais, les sénateurs ont adopté en commission un amendement au projet de loi sur la transition énergétique, exigeant du gouvernement la création d’un plan de déploiement en France.

Le seul « succès » notable est un rééquilibrage entre le diesel et l’essence sur le marché des voitures neuves, la part du premier étant redescendue à 59 %. C’est à la fois le reflet de l’offre des constructeurs, qui mettent en avant leurs nouveaux moteurs à essence (qui, soit dit en passant, dégagent plus de particules que les diesels modernes), et d’une campagne médiatique qui a semé le trouble dans l’opinion.

Il ne faut pas oublier le plan antipollution de la mairie de Paris. On a beaucoup parlé de l’éradication du diesel dans la capitale en 2020. Une annonce qui ne sera évidemment pas suivie des faits. Les véhicules les plus polluants visés par une interdiction à partir de juillet 2016 représentent 20 % du parc automobile et pourront de toute façon rouler sur le périphérique, dans les bois de Vincennes et Boulogne, ainsi que les week-ends.

Si des efforts certains ont été menés dans le domaine de l’électrique (service Utilib’, bornes de recharge publiques et rapides), et sont en cours dans le gaz naturel, le plan de Mme Hidalgo oublie juste un léger détail. Il ne traite absolument pas du boulevard périphérique, qui concentre 40 % de la pollution. Il est vrai que la ville lumière accueille des banlieusards, des provinciaux et des étrangers qui n’ont pas le bon goût d’utiliser les transports en commun et Autolib’.

Mais après tout, le but n’était-il pas de donner le sentiment que Paris et la France font beaucoup d’efforts ?

*Aussi incroyable que cela puisse paraître, les dates du COP21 n’apparaissent pas sur le site officiel du COP 21 (http://www.cop21.gouv.fr/fr), où figure simplement un compte à rebours. Il faut télécharger le dossier de presse pour y avoir accès.

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