Le salon de Pékin a été l’occasion pour Renault et PSA de présenter leur vision du haut de gamme. Deux philosophies différentes.

Commençons d’abord par la Talisman. C’est sous ce nom, emprunté à un concept car exposé au salon de Francfort en 2001, que cette berline tricorps haut de gamme sera vraisemblablement diffusée en Europe.

L’auto a été présentée à Pékin, car c’est avec ce modèle statutaire, symbole du “casual luxury”, que Renault entend attaquer le marché chinois. La Talisman est en fait une version rebadgée de la SM7 de RSM (Renault Samsung Motors), la filiale que le groupe détient en Corée du Sud. Ses productions sont largement connues, puisque la SM3 a donné naissance à la Fluence et la SM5 à la Latitude.

La SM7, qui est en vente depuis août 2011 en Corée, et qui arrivera en juin en Chine, se distingue par son confort, un habitacle spacieux et son agrément de conduite. La Talisman/SM7 abrite sous le capot un V6 Nissan développant 190 ch et 243 Nm en version 2,5 L, ou 258 ch et 330 Nm en version 3,5 L. Le moteur est couplé à une boite auto 6 rapports, avec en prime des palettes au volant. Proposée avec un mode sport et quelques raffinements, dont des appuis-tête dérivés de ceux utilisés dans l’aviation, cette berline pourrait venir coiffer la gamme Renault en France. Sans doute en 2014, une date charnière pour le constructeur français qui doit aussi renouveler l’Espace pour se refaire une place dans le haut de gamme.

Dans le cadre de l’alliance, qui a été élargie à Mercedes, Renault pourrait aussi s’appuyer sur la technologie de la firme allemande pour intégrer des équipements de pointe.

Chez Citroën, on a choisi de présenter un concept car, Numéro 9. Ce concept est intéressant à plus d’un titre. D’abord, il préfigure le futur de la ligne DS avec les codes stylistiques des 3 prochains modèles de cette gamme : une berline du segment C Premium (DS6), un SUV ( ?) et une berline haut de gamme du segment D (DS9 ?). Ensuite, il montre que la marque aux chevrons ne s’interdit rien et nourrit des ambitions sur le très haut de gamme.

Pour en revenir au concept Numéro 9, les designers ont opté pour la silhouette du shooting brake (mélange de coupé et de break), avec des lignes tendues, un long capot, un becquet arrière pour accentuer la sportivité et une position de conduite ultra-basse.

Outre le style, Citroën a un parti pris en faveur de la technologie. La Numéro 9 est dotée de projecteurs Full LED de Valeo qui préfigurent ce que l’on retrouvera prochainement sur les modèles haut de gamme. Ces feux à diodes, qui procurent une lumière blanche très performante, sont complétés par un module « route » munie d’une lentille flottante, le tout étant serti par des feux diurnes à LED. Une technologie qui aide également à accentuer le design.

Mais surtout, ce concept inaugure la future technologie hybrid plug in du groupe PSA. La Numéro 9 combine un moteur thermique, essence ou diesel selon les marchés (le modèle exposé au salon de Pékin adoptait une motorisation essence 1.6 THP, dont la puissance est de 225 ch et le couple de 275 Nm), à un moteur électrique implanté au niveau du train arrière du véhicule développant une puissance de 70 ch et un couple de 200 Nm. Ce moteur électrique est alimenté par des batteries lithium-ion, rechargeables en 3 h 30 seulement sur une prise de courant domestique.

Grâce à l’hybridation plug-in, le concept numéro 9 peut rouler pendant 50 km en mode ZEV (Zero Emission Vehicule) en ville, avec une autonomie de 50 km. Sur les routes exigeant des accélérations et des décélérations successives, l’hybridation permet de limiter la consommation en mettant en oeuvre les deux énergies, et avec en prime un mode 4 roues motrices.

Au final, Citroën annonce une puissance de 295 ch pour une conso moyenne d’1,7 L/100 km et 39 g/km de CO2.

La techno plug in, attendue en 2013 sur la Peugeot 3008, pourrait donc se retrouver sur un futur modèle DS de Citroën assez rapidement.

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