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Le dernier livre de l’OVE à l’honneur sur France Culture : quel moteur pour les voitures de demain ?

Emission du 10 décembre 2010 avec  Philippe Boursereau, Directeur de la Communication Produit et Corporate de Toyota FranceAndré Douaud,auteur de Automobile et énergies, comprendre la voiture propre d’aujourd’hui et de demain (Les cahiers de l’Observatoire du Véhicule d’Entreprise – OVE, hors-série, octobre 2010), Marie-Jeanne Husset, directrice de la rédaction du magazine 60 millions de consommateurs, Patrice Marez, directeur conception systèmes chaine de traction chez PSA Peugeot CitroënPhilippe Oursaire, Directeur de la Stratégie Mécanique du Groupe Renault

Retrouvez l’enregistrement de l’émission sur France Culture

Le livre d’André Douaud

Mazda annonce un véhicule à essence plus performant que les Hybrides

La motorisation à essence n’est par morte ! Certes les diesels représentent plus de 70% des immatriculations dans notre pays, ce qui constitue une exception mondiale, mais le chiffre est trompeur. Les motoristes continuent de faire progresser les motorisations essence qui présentent bien des avantages notamment en terme de pollution. Déjà l’hybridation des moteurs à essence constituait un progrès important (mais coûteux), Mazda annonce des progrès spectaculaires : une consommation d’un peu plus de 3l au 100 km. Les nouvelles normes anti pollution EuroV qui vont entrer en vigueur début 2011 pour toutes les voitures et notamment les diesels ont encore stimulé l’imagination des ingénieurs.

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Bilan du Mondial de l’automobile 2010, les véhicules électriques et hybrides donnent le tempo

Un bouleversement radical du paysage automobile.
Les critères de définition de l’automobile ont profondément évolué aux cours de la décade passée, cette tendance s’est accélérée lors des cinq dernières années. Nous nous éloignons de l’époque où les constructeurs forgeaient leur développement en lançant des SUV énergivores et autres berlines sur-motorisées.
L’heure est à la frugalité. Sous l’impulsion de facteurs externes, choc pétrolier permanent, mesures de limitation des émissions de CO2 et autres polluants, une tendance planétaire s’est dégagée : l’industrie automobile, dans son ensemble, se tourne vers le développement de solutions vertueuses, économes en carburant, faiblement émissives en gaz polluants, silencieuses, tout en conservant de hauts niveaux de prestations et performances.

Une évolution contrainte et forcée
Condamnés à évoluer radicalement ou alors à prendre le risque de rencontrer de graves difficultés, certains groupes ne doivent leur survie qu’à l’intervention massive des finances publiques ou à des rachats par des concurrents. Ce fut le cas de GM en faillite, Chrysler cédé à Fiat, et de certains groupes européens comme Volvo et Saab.
Pour faire face à de profonds problèmes d’adaptation de leurs gammes, les « Majors » ont alors lancé en urgence des développement de nouveaux systèmes de motorisation permettant une plus grande efficacité énergétique.
Avec plus ou moins de réticences ou d’enthousiasme selon les marques, en moins de cinq ans tous les constructeurs ont suivi la voie ouverte par Toyota, Honda, Tesla, Think et quelques autres innovateurs : celle de la propulsion électrique et hybride.

De nouvelles catégories de véhicules.
Le paysage automobile a profondément changé et poursuit sa mutation à marche forcée.
Des catégories marginales dans les années passées comme les voitures hybrides deviennent un standard incontournable, certaines comme les hybrides rechargeables, les citadines « tout électrique » sont en plein développement. Nous pouvons à la veille d’un Mondial de l’Automobile prometteur en nouveautés organiser une classification de ces nouvelles catégories de véhicules :
1- Ultra légers tout électrique : initiés par de nouveaux petits constructeurs ils sont destinés à des usages sur de courtes distances de 10 à 100 km/jour, à basse vitesse de 50 à 100 km/h
2- Citadines, berlines et sportives tout électriques, la catégorie de Think, de la Nissan Leaf, des Renault ZE, de Tesla.
3- Hybrides : des micro-hybrides (fonction Stop&Start) aux mild hybrides jusqu’aux hybrides parallèles, les moteurs électriques sont utilisés pour assister les moteurs à essence ou diesel et réduire leur consommation.
4- Hybrides rechargeables : ils combinent les avantages d’une autonomie importante en mode tout électrique pour les trajets courts et des longues distances en mode thermique + électrique.
5- Véhicules utilitaires : tout électriques ou hybrides

2010 année charnière dans l’évolution
Nous sommes à quelques semaines de l’arrivée sur le marché des premières voitures électriques modernes produites en grande série, la Nissan Leaf, les Renault ZE, l’Opel Ampera (Chevrolet Volt aux USA) les Ion et C-Zero de PSA, la Bluecar de Bollore, la Tata Indica.
Les volumes représenteront dans un premier temps un faible pourcentage du marché global de l’automobile, quelques dizaines ou centaines de milliers de voitures par an pour les plus ambitieux lors des trois prochaines années.
Cependant, l’impact de ces véhicules sur le marché est important car ils génèrent une forte accélération des recherches sur l’efficacité énergétique de toutes les catégories de véhicules, thermiques et hybrides.
Les performances encore limitées en autonomie des packs de batteries imposent d’alléger les véhicules, de récupérer l’énergie au freinage, de limiter les consommations des périphériques gourmands en énergie comme la climatisation.
Le silence de fonctionnement des moteurs électriques demande de réduire sur les bruits aérodynamiques et des pneumatiques, pour toujours plus de confort.
Cette chasse aux frottements, ces recherches vers une plus grande sobriété permettent de progresser globalement de plusieurs points dans les consommations, d’électricité mais également de carburants fossiles.
Cette autre approche de la conception des véhicules, plus rationnelle, imposée par les électriques et hybrides influence l’industrie automobile dans sa globalité.
Un exemple de stratégie de développement impulsée par l’électrification des modèles nous est fourni par Toyota qui, pour sa troisième génération de Prius hybride, s’est concentré vers l’optimisation de l’aérodynamique, l’allègement de la structure, une climatisation à haut rendement et un toit solaire pour rafraichir l’habitacle. En parallèle le groupe japonais généralise progressivement la propulsion hybride dans toute sa gamme, Auris, Camry et Lexus pour les voitures hybrides actuellement commercialisés, prochainement complétées par de nouveaux modèles.

Une double évolution complémentaire : l’infrastructure de charge et les usages

Les points de charge.
Les pouvoirs publics ont bien compris l’intérêt d’accompagner le développement du marché des véhicules électriques et hybrides. Au delà d’un soutien logique à une industrie pourvoyeuse d’emplois qualifiés, cela afin de maintenir la compétitivité des entreprises nationales, il s’agit également de réduire la dépendance aux énergies fossiles importées à un tarif de plus en plus élevé. L’électricité, quelle que soit la technologie utilisée pour la produire, hydraulique, thermique, nucléaire, solaire ou éolien est une énergie locale.
L’argument complémentaire d’un bilan carbone largement favorable pour les motorisations électriques et hybrides face aux véhicules thermiques n’a fait qu’accélérer la prise de conscience et les décisions.
Voilà pourquoi, dans presque tous les pays, les gouvernements, les entreprises et les collectivités locales se sont lancés dans de vastes programmes de développement d’une infrastructure de charge, différente des stations services délivrant les carburants liquides.
L’électricité est disponible partout ou presque partout, y compris dans les lieux les plus reculés, les points de charge sont faciles à installer et peu onéreux, que ce soit chez les particuliers, dans les entreprises, sur la voie publique ou dans des parkings.

Les usagers entrent dans la course
En France l’exemple le plus important est le groupement de commande de 50 à 100 000 véhicules électriques piloté par l’UGAP et initié par La Poste. Il rassemble ADP, Air France, Areva, Bouygues, EDF, Eiffage, ERDF, France Télécom Orange, GDF Suez, Suez Environnement, GRT Gaz, GrDF, RATP, SAUR, SNCF, SPIE, Véolia et Vinci. L’objectif est d’arriver à une réduction des prix par un volume significatif pour amorcer le marché.
Cet important programme est complété par plusieurs initiatives d’envergure nationale ou locale : l’offre en location longue durée électrique/hybrides du Groupe Arval, la mise en place d’un réseau de points de vente et SAV spécifiques aux électriques du groupe Mobivia (ex-Norauto), des flottes en libre service à Paris (Autolib) à Nice et dans d’autres villes de France…
Les opérateurs de transports publics comme Véolia, Keolis, Transdev, la SNCF ne sont pas en reste. Ils se positionnent pour proposer une nouvelle gamme de services : des abonnements incluant l’usage de flottes de véhicules électriques en complément des lignes de trains, de bus, de tramways.

Des utilitaires zéro émission français et européens
Des ultra-légers de 200/300 kg de charge utile aux petits camions de 3 à 5 tonnes, une gamme complète d’utilitaires électriques est désormais disponible.
Goupil Industrie, PME du Sud-Ouest est le leader sur le marché français des utilitaires électriques. Cette entreprise à conçu un petit véhicule spécifique à la livraison en ville, le Goupil G3, idéal pour les livraisons de proximité. Il est , de plus, est parfaitement adapté à la circulation en zone piétonne.
Le G3, produit à plusieurs centaines d’unités, est utilisé par de nombreuses entreprises de logistique urbaine comme Urban-Cab (Paris-Fedex), Label Route (Montpellier), Chronopost, Colizen (Paris).
De nouveaux compétiteurs ont développé une offre complémentaire à celle de Goupil. C’est la cas d’Eco&Mobilité, une entreprise soutenue par la Région Poitou-Charente, qui propose le Simply Up.
Véléance, concepteur du Tri’Ode,propose de son côté un triporteur à vocation utilitaire.
Renault Trucks vient de lancer une version électrique de son petit camion urbain, le Maxity. Sa chaîne de traction électrique est développée par PVI, des spécialistes du lourd électrique.
Les quadricycles Multitruck et Worker de Mega, complètent ce tour d’horizon de l’offre française.
Les autres compétiteurs de ce secteur sont les italiens de Micro-Vett, Alke et les britanniques de Smith Electric et Modec.

Des clients prestigieux
La première grande entreprise à s’être lancé dans les VE, avec un programme ambitieux, est La Poste qui expérimente deux parcs de véhicules électriques, 250 Berlingo Fist Electrique « Powered by Venturi » et 100 quads électriques produits par Matra et Ligier.
D’autre opérateurs d’envergure ont également investi dans ce secteur, comme Deret Transporteur, initiateur du premier réseau français de livraison 100 % électrique, le Groupe Tafanel…
Deret vient de remporter le Grand Prix de l’innovation Transport et Logistique pour avoir créé, en un temps record, un maillage de 22 agences dans les 21 plus grandes agglomérations nationales, et déployé une flotte de 50 véhicules électriques de marque Modec.
La tendance actuelle tend vers une généralisation progressive de cette génération innovante de véhicules utilitaires électriques légers, au vu de leurs avantages, de la très forte demande des flottes d’entreprises, du secteur des transports et des particuliers.

Tendances d’évolution
L’arrivée massive des constructeurs dans le secteur de l’électrique, génère une montée en puissance rapide des moyens de production, des volumes produits et par effet direct une réduction progressive des coûts.
L’un des points critiques actuel est le prix des batteries, de l’ordre de 15 000 € pour celles d’une voiture 5 places de 1300 kg en 2010.
Hors, ces prix, sous l’effet de la concurrence, ont commencé à baisser et cette tendance va se poursuivre. Les prévisions pour 2015 sont de ± 6000 € et inférieures à 4000 € dans dix ans pour un pack de batteries similaire.
L’évolution qui se profile ressemble fort à celle de la diffusion des systèmes micro-hybrides Stop&Start.
Onéreux en 2005 il s’en est vendu quelques centaines d’unités, de nombreux constructeurs les ont adopté en 2009, les ventes passent à 900 000 exemplaires,10 millions sont prévus en 2015.

Nous entrons véritablement dans une nouvelle ère, celle des véhicules électriques et hybrides de masse, à nous d’adapter nos habitudes, nos usages, notre conduite à ces voitures un peu particulières.
Des véhicules en phase avec leur époque, proposant la plus grande efficacité énergétique de tous les temps.

Alain Giaccone

Copyright Carfutur.com

Le véhicule électrique une menace pour la sécurité et l’emploi …

Après la peur des OGM, du bug de l’an 2000, du virus H1N1, du tabac, de l’alcool, du soleil, de la nuit, de la retraite, du cholesterol, du train à vapeur, du diesel, de l’essence et des martiens ….. une peur quasi millénariste de plus : la peur du véhicule électrique. Les pessimistes, les rétro de tout poil, les lobby anti VE vont se déchainer : pas assez de bruit (à cause des aveugles, mais alors quid des sourds ?), pas assez d’entretien (effets sur la filière réparation), bilan CO2 controversé, pas assez d’électricité, pas assez d’autonomie, trop tôt, trop tard, mais peur des chinois car eux n’ont pas peur… Cet article de l’Usine Nouvelle montre bien nos difficultés à imaginer autre chose que notre passé et nos peurs qui s’accumulent.

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