L’un des freins au développement des véhicules électriques propulsés par des piles à combustible est le stockage de l’hydrogène . Sous forme de gaz (H2), utilisé comme vecteur d’énergie il offre de nombreux avantages et un inconvénient majeur : il est très difficile à stocker. Jusqu’à présent, trois grandes voies de stockage de H2 à bord d’un véhicule sont envisagées: • le stockage comprimé, le stockage liquide, le stockage moléculaire.

• Le stockage gazeux sous forme comprimé (actuellement 350 bar) permet d’atteindre une densité massique satisfaisante avec des réservoirs composites. La technologie existe, elle est couramment utilisée. Ses inconvénients résident dans l’énergie nécessaire à la compression, le volume des réservoirs et un coût élevé.

• Le stockage liquide (à moins 253 °C) sous 10 bars permet d’atteindre des densités volumique et massique intéressantes mais nécessite des réservoirs dont l’isolation thermique est volumineuse. La liquéfaction consomme 30 à 40% du contenu énergétique du gaz et la déperdition en utilisation réelle est importante, pénalisant fortement le stockage au-delà d’une semaine.

• Le stockage moléculaire sur des hydrures métalliques, présente une densité volumique très intéressante mais une densité massique faible, la température et la pression restent des points durs à maîtriser.

• Le stockage moléculaire dans du carbone, charbon actif ou nanotubes permet de stocker 0.05 à 2 % en masse de H2. Ce type de stockage est au stade de recherche.

• Le stockage capillaire dans des tubes de fibres de verre microscopiques est une nouvelle voie, choisie par l’équipe de chercheurs de la société C.En Ltd. basée à Zurich. Cette start-up rassemble des chercheurs issus de plusieurs pays.

C.En Ltd. développe des réservoirs basés sur la technologie de tubes multi capillaires dont les avantages sont, d’après leurs concepteurs, un poids léger, un coût inférieur et une sécurité accrue.

Une phase prototype/démonstrateur a été menée en collaboration avec l’institut fédéral de recherche sur les matériaux à Berlin, un organisme dépendant du ministère de l’économie et de la technologie allemand. (BAM Federal Institute for Materials Research and Testing). Des recherches effectuées dans le cadre du programme spatial russe sont à l’origine de cette innovation. elles furent menées au Kurchatov Institute de Moscou. Cet institut est le premier centre de recherche de Russie, son président, Yevgeny P. Velikhov est devenu le président honoraire de C.En Ltd. Le Président et CEO de l’entreprise, Moshe

Stern, un citoyen israélien, est persuadé que les piles à combustible vont rapidement devenir des solutions compétitives pour les «plug-in hybrides», en remplacement des moteurs thermiques. Le «time to market» annoncé par le directeur de recherche, le professeur Dan Eliezer* est de deux à cinq ans. Si les découvertes de cette entreprise sont confirmées nous pourrions constater une avancée significative dans l’usage de H2 dans les véhicules. Le défi est d’importance car pour offrir une autonomie de ± 400 km à une voiture à pile à combustible il faut transporter environ 4kg de H2.

Alain Giaccone