DSCN3476Fondée en 2007 dans La Silicon Valley, la société qui voulait engager les voitures électriques sur un nouveau modèle de business a annoncé hier qu’elle jetait l’éponge. « La vision d’un monde sans essence reste valable et importante et nous espérons qu’elle se réalisera pour le plus grand bénéfice du monde, a annoncé le Conseil d’Administration, mais Better Place ne sera pas en mesure de participer à cette vision ». La demande liquidation intervient moins d’un an après le lancement de son premier réseau en Israel

Le modèle Better Place était certes innovant, mais extrêmement risqué. Pour résoudre le problème de la capacité des batteries électriques, Better Place proposait de dissocier la batterie de la voiture, créer des stations d’échange de batteries, et proposer au consommateur un système d’abonnement lui permettant de profiter de ce service. Sachant qu’une station Better Place coutait environ 500,000 $, qu’il en fallait au moins une dizaine dans un petit pays comme Israël, et que les voitures électriques ont du mal à percer … on peut imaginer la difficulté de rentabiliser l’affaire. Les stations lancées dans les deux pays tests, Israël et Danemark, étaient conçues pour la Renault Fluence ZE pour qui cette aventure est aussi un mauvais coup de pub… Sur les 100.000 voitures initialement prévues dans les deux pays (sans parler des projets en Australie et en Chine), seules 400 ont été vendues au Danemark et à peine 900 en Israël. Même Carlos Ghosn n’y croyait plus, ayant déclaré publiquement début mai, qu’il ne ferait plus d’autre modèle sur le concept d’échange de batterie, le consommateur préférant une solution plus simple.

Impossible, dans un tel contexte, de lever un nouveau round d’investissements. Israel Corp (30% des parts) a mis un coup d’arrêt. GE, HSBC, Morgan Stanley n’auront surement pas souhaité prolonger l’hémorragie, avec un déficit est estimé à plus de 560 millions de $. Le charismatique fondateur, Shai Agassi (ex-SAP) avait pourtant réussi à lever 850 millions de dollars en cinq ans. Il a été débarqué en octobre dernier, son successeur n’ayant tenu que quelques mois.

Heureusement pour l’image de la voiture électrique, Tesla continue à progresser, avec une stratégie plus classique : vendre des voitures, avant d’installer des stations d’échange de batterie (car la batterie de Modèle S peut être changée en cas de déplacement sur de longues distances). Les stations ne seront installées que dans les zones où un nombre important de véhicules aura été vendu… Le coût ne serait d’ailleurs que de 250,000 $.

E. Gazay

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