Fondée en 2001, l’association négaWatt est un think tank militant créé pour  »remettre la question énergétique dans le bon sens en partant des usages et non des ressources : c’est de nous chauffer, de nous éclairer ou de nous déplacer dont nous avons besoin, et non de bois, d’uranium ou de pétrole ».
L’originalité de la démarche nW est de partir non pas des sources d’énergie (pétrole, gaz, uranium…) mais de la consommation.
Les théories à l’origine du scénario nW trouvent leurs sources dans les travaux du Rocky Mountain Institute , théories ayant été diffusées en France dans le livre Facteur 4 paru en 1997.
« le scénario negaWatt est le seul vrai programme existant pour les trente prochaines années pouvant permettre une réindustrialisation de la France. Une machine à faire rêver à partir de choses concrètes. (Marc Jedliczka, porte-parole de l’association) »
A travers les 28 pages du document principal, (prévoir une bonne heure de lecture indispensable et très enrichissante  😉 vous découvrirez une approche multidimensionnelle ne se résumant pas à la lutte contre le changement climatique. Il y est aussi question de contraintes sur l’eau et les matières premières, d’usage des sols, de la biomasse pour l’alimentation et l’énergie.

 

La trilogie sobriété-efficacité-renouvelables fournit une triple réponse à la question de l’avenir énergétique

  • La sobriété interroge les besoins et agit sur les comportements
  • L’efficacité consiste à agir par les choix techniques afin d’optimiser la quantité d’énergie nécessaire à satisfaire un service énergétique donné.
  • Le recours aux énergies renouvelables vise à augmenter la part de services énergétiques alimentés par les énergies les moins polluantes et les plus localisées.

 

Le scénario negaWatt analyse secteur par secteur les gains attendus de l’application d’une démarche de sobriété et d’efficacité.
Le modèle se fonde sur la prise en compte des besoins de services énergétiques dans trois secteurs principaux :
  • la chaleur (chauffage des bâtiments, eau chaude sanitaire, cuisson des aliments, chaleur utilisée dans les process industriels)
  • la mobilité (l’ensemble des déplacements des personnes, des matières premières et des biens)
  • l’électricité spécifique (éclairage, électroménager, informatique, bureautique et moteurs électriques).
Les économies les plus importantes sont trouvées dans le bâtiment (résidentiel + tertiaire) : avec plus de 600 TWh d’économie en 2050 par rapport à une évolution tendancielle
Dans le secteur industriel, le scénario prévoit une baisse de 10 % à 70 % sur les besoins en matériaux grâce à l’instauration de principes de « réparabilité » ou « recyclabilité » et intègre un gain moyen de 35% pour les moteurs électriques
Dans les transports, le scénario  prévoit une évolution des besoins de mobilité sous l’effet des politiques d’aménagement du territoire et de nouvelles pratiques sociales :
  • généralisation des transports doux et des transports en commun
  • densification des espaces urbains
  • revitalisation des campagnes
  • télétravail, covoiturage
Le scénario prévoit un gain d’environ 25% de kilomètres parcourus par personne en une année, envisage des véhicules électriques en ville et du gaz naturel pour les grands trajets et les camions. Ce gaz peut être obtenu par méthanisation et devient ainsi renouvelable.
Une meilleure efficacité des moteurs permet d’en diminuer la consommation unitaire de 55% d’ici à 2050.

Pour Thierry Salomon, le contexte post-Fukushima est favorable :  »Après cet accident, le tabou de la sortie du nucléaire en France a été levé. Et sur ces entrefaites, l’Allemagne a décidé de sortir totalement du nucléaire, du coup, l’interrogation sur la faisabilité devient caduque : non seulement le scénario négaWatt 2011 est faisable, mais on a beaucoup plus de marge de manœuvre !. Nous avons a des limites physiques devant nous, l’effet de serre, la fin du pétrole « facile », le risque nucléaire, il faut désormais s’affranchir de ces limites, sinon nous restons sur des choix économiques à court terme, le plus grand gisement d’énergie n’est pas là on le pense, le pétrole, l’uranium, etc., il est tout autour de nous dans le potentiel dans la réduction de la consommation d’énergie »,

Le dossier de synthèse est disponible, c’est un document résultant du travail d’une vingtaine d’experts ayant planché pendant 14 mois.

Alain Giaccone

NB : On n’est évidemment pas obligé de partager entièrement cette vision des choses, raison de plus pour connaître les arguments des ses adversaires.

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