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Un nouveau délégué vient d’être nommé par le gouvernement, sans doute pour enrayer des chiffres qui ne baissent plus. A Paris comme à Bruxelles, on aimerait faire mieux, mais sans doute pas avec la même vision.

Jean-Robert Lopez a quitté ses fonctions de délégué interministériel à la Sécurité routière, après seulement un an d’exercice. Il a été remplacé par Emmanuel Barbe, magistrat de formation, qui était depuis 2012 le conseiller diplomatique du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.  La nomination a été officialisée lors du Conseil des ministres du 1er avril. Et ce n’est pas une blague.

Lors du mandat de M. Lopez, le nombre de morts sur les routes de France a augmenté pour la première fois depuis douze ans, avec 3.388 personnes tuées en 2014 (+3,7% par rapport à 2013). Les derniers chiffres connus remontent à mars, avec une baisse de la mortalité de 11 % qui vient inverser la tendance de ces derniers mois.

Le ministre de l’Intérieur a annoncé fin janvier 26 mesures, dont certaines vont entrer en vigueur à la fin juin, comme l’interdiction des oreillettes au volant (et non des kits mains-libres), l’expérimentation du 80 km/h sur des axes dangereux et la baisse à 0,2 g du taux d’alcoolémie pour les jeunes conducteurs.

En Europe aussi, on se pose des questions. 25.700 personnes ont été tuées sur les routes de l’UE en 2014, soit une baisse d’à peine 1 % sur un an alors que l’Europe vise un objectif ambitieux en 2020.

Face à ces mauvais chiffres, Bruxelles compte présenter un plan d’action en mai prochain. La Commission a déjà décidé d’une directive imposant un design renforçant la sécurité des cabines de camion, ainsi que la généralisation progressive de l’envoi des contraventions aux Européens repartis dans leurs pays d’origine. On prête à la Commission l’intention de revoir en 2016 les règles de formation des chauffeurs routiers, ainsi qu’un projet de directive sur la sécurité des infrastructures routières. Une réflexion est par ailleurs menée sur les normes des voitures. Bruxelles se demande s’il faut rendre obligatoires les systèmes qui font freiner automatiquement des voitures quand un piéton traverse brusquement.

Intensifier la répression ou accélérer le progrès technologique ? Voilà la question que devrait se poser le nouveau délégué à la sécurité routière en France, à l’heure où tant de nouveaux modèles se dotent d’aides à la conduite. On peut en douter, hélas.

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