Elle est enfin là. Sans que l’on sache pourquoi les retards se sont accumulés, Renault est en mesure de présenter le 4ème modèle de sa gamme ZE. De loin le plus abouti.

Zoé Lisbonne, OVEJusqu’à présent, le besogneux Kangoo ZE, la très discrète Fluence ZE et le plus déluré Twizy (qui va se décliner en version utilitaire*) n’avaient pas vraiment permis d’apprécier l’avance technologique revendiquée par Renault. La Zoé constitue de ce point de vue une véritable vitrine, non seulement sur le papier mais dans la pratique.

Ainsi, l’autonomie devient véritablement confortable. Elle n’est bien sûr pas de 210 km comme le prétend le rapport d’homologation en cycle NEDC, mais bien supérieure à 100 km et frôle les 150 km quand on a le pied léger. Le plus étonnant est de voir avec quelle facilité la Zoé reprend de la marge, grâce à l’efficacité de son freinage à récupération d’énergie. En levant le pied et en freinant dans les descentes, la jauge reprend des couleurs, à tel point que par moments plus on roule et plus on a d’autonomie. Mais, ce qui est vrai en ville et sur certains parcours n’est pas du tout vrai sur l’autoroute où la réserve en énergie descend à vue d’œil.

Quoi qu’il en soit, le rayon d’action est plus important que sur les autres modèles de la gamme ZE. Et ceci grâce au système de freinage, mais aussi à la pompe à chaleur (moins gourmande qu’une climatisation classique) et aux pneus Michelin Energy EV.

La Zoé était aussi attendue au tournant pour son système R-Link. Loin d’atteindre l’extravagance de la méga tablette de Tesla, elle est importante et constitue un hub vers un univers de services. L’écran tactile centralise en effet la navigation GPS (TomTom avec les services LIVE), la téléphonie, le multimédia et des services connectés dont certains liés au véhicule électrique. Le système R-Link sert par exemple à afficher les flux d’énergie,  calculer l’itinéraire en fonction de la charge, localiser les bornes de recharge les plus proches, programmer la charge et le pré-conditionnement de l’habitacle), sans parler du mode Driving Eco2 (qui analyse la conduite). Il y a même un e-mode d’emploi de la Zoé. Renault se prenant pour l’Apple de l’automobile, ou plutôt pour Google (le système tourne sous Android), il a créé un R-Link Store avec plus de 50 applications dès le lancement. Mais, elles ne sont pas toutes indispensables, ni même forcément utiles. Autre remarque : si le temps de réponse est satisfaisant en mode tactile, la connexion en Edge « mouline » quand on veut faire apparaître par exemple la liste des bornes de recharge.

Toutefois, ce système fait souffler un vent de modernité dans l’auto et contribue à l’ambiance générale de la Zoé. Une ambiance assez zen, renforcée par l’étonnant silence à bord. Hormis le bruiteur électronique ZE Voice, que l’on entend par moments, la Renault électrique donne l’impression de jouer dans un film muet.

Et qui plus est, l’esthétique n’est pas oubliée avec une auto au design accrocheur et qui joue la carte du numérique.

La seule fausse note concerne le câble de recharge. Il n’est pas possible de recharger sur une prise de 220 volts. Le branchement à domicile n’est possible qu’à condition d’investir dans une wall box. Renault considère que l’autonomie est suffisante et mise sur le développement des bornes de 22 kW, qui permettent de recharger en une heure, et que l’on trouve notamment en Allemagne, ainsi que dans le réseau Renault.

*Nom de code « Cargo » en interne

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