Ondelios concept

Quoi ? La marque au losange, qui ne jurait que par le tout électrique et raillait l’hybride, aurait donc changé d’avis et se convertirait à la même technologie que les autres constructeurs ? Ben voui…

Il y a toujours un moment où on peut sauver les apparences, par exemple en maintenant des prévisions de ventes irréalistes démenties par le marché, ou en rejetant la faute sur les infrastructures de charge… Mais, on finit par être rattrapé par la réalité. Et le fait est que les volumes ne sont pas là dans l’électrique, avec une part de marché qui plafonne à 0,5 % en VP. La Zoé ne produit plus le même effet et rien ne laisse présager à court et moyen terme une explosion des ventes, qui sont bien en deçà des attentes du gouvernement. Bien sûr, les militants de la prise mettront en avant les 100 000 véhicules électriques vendus par l’Alliance (dont 70 000 Nissan) en près de 3 ans dans le monde entier. Mais, c’est ce qui était prévu par marque et par an…

Une indiscrétion du journal Les Echos a donc suscité l’émoi il y a quelques jours. Le quotidien économique a révélé que la marque au losange comptait introduire des modèles hybrides dans sa gamme après 2020.

Sans surprise, car cela avait été révélé par Renault en 2012 dans le cadre d’un congrès spécialisé*, on va voir apparaître des modèles mild hybrid. Il s’agira en fait de versions existantes, avec un Stop & Start évolué et couplé avec une batterie de 10 kW façon à assurer des phases de roulage électrique en ville. PSA a exactement la même approche.

Le constructeur français va aussi s’orienter vers l’hybride rechargeable. Ceci n’est guère étonnant, car Nissan va faire la même chose. Il ne serait donc pas surprenant de voir de gros véhicules comme l’Espace ou le Koleos adopter ce genre de motorisation. Dès 1993, la marque avait planché sur un concept d’Espace rechargeable. Il faut aussi préciser que, dans le cadre du programme 2L/100 km, Renault anime un groupe de travail sur l’hybride essence rechargeable low cost. La marque aura d’ailleurs l’occasion de présenter un démonstrateur lors du Mondial de l’Automobile, en 2014.

L’hybride diesel fait aussi partie du périmètre, dans un premier temps pour les utilitaires. La Commission européenne vient d’autoriser l’Etat français à verser une aide de 20,5 millions d’euros à Renault afin de l’aider à développer cette motorisation dans le cadre du projet Hydivu. Un programme mené par le constructeur en partenariat avec les équipementiers Valeo, LMS et Continental mais aussi l’organisme public de recherche IFP Energies Nouvelles. Le Master et le Trafic sont les modèles éligibles à l’hybride diesel.

N’oublions pas qu’en 2008, le concept Ondelios ouvrait déjà la voie à un crossover à 120 g de CO2, couplant un 2 L dCi avec deux moteurs électriques.

Toute la subtilité chez Renault va être de faire évoluer en douceur le discours officiel. On souhaite bon courage aux communicants pour faire le lien entre le véhicule électrique, la Formule 1 qui passe à l’hybride, le low cost et le diesel.

*Le congrès Diesel organisé par la SIA, en juin 2012

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