Ford : tirs groupés sur les déplacements du futur

Ford

Ford est décidément en pointe dans tous les domaines de la technologie embarquée et du déplacement durable avec son plan Smart Mobility qui vise à développer les nouvelles technologies en matière de connectivité (Sync), de mobilité, de véhicules autonomes, d’expérience client et de “big data”. Le groupe américain vient d’annoncer deux nouveautés intéressantes : le Ford Credit Link et le FordPass.

Le Ford Credit Link :

Avec le nouveau programme de leasing de Ford Motor Credit Company, les clients pourront partager un véhicule Ford. Cette nouveauté sera lancée, à partir du mois de février, sous forme d’un « pilote » auprès des clients Ford Credit d’Austin, au Texas. Le concept est intéressant pour au moins deux aspects : il est destiné aux consommateurs qui n’ont pas besoin d’un véhicule à temps plein, mais qui souhaitent disposer de leur propre véhicule quand cela est nécessaire ; c’est une offre nouvelle et originale qui est lancée par une entreprise plus que centenaire et non plus par une « start-up barbare ». Cela prouve que la « vieille économie » ne sera pas la dernière à se remettre en cause (suivre l’exemple récent de Michelin avec ses rachats de site internet de vente de pneus ou l’achat de bookaTable annoncé hier).

Cette offre intéressera les familles ou les ménages avec plusieurs conducteurs , mais aussi les groupes de voisins, d’amis, de collègues… ayant des besoins ponctuels de déplacement avec un véhicule. C’est la mutipropriété automobile. Les utilisateurs qui se seront regroupés pour financer un véhicule (groupes de trois à six utilisateurs )pourront réserver des créneaux d’utilisation, vérifier l’état du véhicule, procéder aux révisions, communiquer les uns avec les autres, voir leur compte ou encore effectuer des paiements grâce à un module connecté au véhicule et une application spécifique.

Nous connaissions déjà l’autopartage, là le concept va plus loin : c’est un autopartage organisé au plus petit échelon. Il y a une idée intéressante à creuser dans le monde professionnel qui pourra être exploité par les financeurs et loueurs. Il restera une chose à vérifier : l’entente entre les utilisateurs sera-t-elle aussi durable que leurs déplacements ?

Le FordPass

Avec FordPass, Ford vise à faire, pour les propriétaires de voitures (Ford ou non), ce que iTunes a fait pour les fans de musique. . FordPass propose quatre services pour ses membres

-Des services de mobilité : les services de transport comme réserver et payer un parking à l’avance, le covoiturage, l’autopartage et les services de transport multimodal à venir dans le futur. Ces services pourront être payés par FordPay. Ford  se positionne ainsi comme un « vendeur de mobilité »

-L’accès à des conseillers en ligne (FordGuides) qui fournissent une assistance à tout membre FordPass qui a besoin d’aide sur le trajet indépendamment de sa localisation (crevaison par exemple).

-Le déploiement de FordHubs, où les clients pourront retrouver les dernières innovations de la marque et des informations sur ses services de mobilité.

-Des formules club qui récompenseront la fidélité des clients.

Les relations avec le réseau ne sont pas oubliées puisque les clients pourront planifier un rendez-vous de maintenance et avoir accès à leur espace personnel. Les clients dont les voitures sont équipées de SYNC Connect pourront localiser leur véhicule, le faire démarrer à distance ou lire sur leur smartphone le niveau de carburant, d’huile, la pression des pneus ou la charge de la batterie.

Ford Pass sera lancé en avril aux États-Unis et au Canada, puis en Europe, en Chine et au Brésil.

Certes, FordPass a un caractère de « déjà vu » chez d’autres constructeurs, mais ce programme montre une fois de plus que les constructeurs n’ont aucune envie de laisser la place aux « nouveaux » entrants sur ce marché (GAFA) et qu’ils entendent bien conserver la valeur ajoutée que ces nouveaux services ne manqueront  pas de créer.

Philippe Brendel

Francecraft invente la voiture Légo.

Francecraft invente la voiture Légo

Tous ceux qui ont construit des maquettes dans leur jeunesse vont connaître un moment de nostalgie. La start-up Francecraft propose de livrer ses véhicules en pièces détachées, en fonction des options choisies par les clients. L’ambition est simple : « faire de l’automobile autrement ». Voici un nouveau modèle économique qui en déroutera plus d’un.

Francecraft commercialise un véhicule « 100 % personnalisable, évolutif et multi-usage » en réduisant au maximum sa complexité (580 pièces contre en moyenne 10 000 pour une voiture traditionnelle). Cette voiture ne sera pas assemblée dans une usine ad hoc mais dans un réseau de garagistes et carrossiers indépendants, formés au montage de ces voitures, et qui retrouveront de ce fait du travail et de la valeur.

Ces voitures et utilitaires sont «personnalisables à l’extrême», faciles à assembler et tout aussi faciles à réparer et à faire évoluer (il sera possible de changer la carrosserie sur un même chassis pour passer du pick-up au monospace en fonction des besoins). Les voitures sont hybrides ou électriques, avec une autonomie de 100 à 200 km selon les modèles. La vitesse de pointe de ce petit véhicule léger d’appoint est limitée à 100 km/h. La gamme se limite pour l’instant aux Pixel X, Pixel Y et Pixel T. Le client choisit tout ce qui l’intéresse : autonomie, type de véhicule, équipements à intégrer  source d’énergie (hybride, électrique), espace intérieur.

Francecraft vise avant tout le marché des entreprises et des collectivités, mais compte bien d’adresser aux particuliers. L’entreprise espère pouvoir commercialiser auprès de revendeurs ses premiers «kits de vente» dès le premier semestre 2016. Ces kits comprendront un véhicule de démonstration, une formation et un support de vente, pour un prix de 20 000 euros. Le prix pour le client final devrait se situer autour de 10 000 euros.

Francecraft a dépassé l’étape du concept, 80 de ses voitures roulent déjà, notamment à Rambouillet, dans les Yvelines. Cette entreprise de Grigny dans l’Essonne a même représenté la France au dernier CES de Las Vegas.

Voir la vidéo :

Philippe Brendel

Economie du partage : l’irrésistible ascension

Frédéric Mazzella

Frédéric Mazzella

Economie du partage : nous avons le plaisir de relayer cet article de Frédéric Mazzella, Président-Fondateur de Blablacar paru dans Linkedin. Il fait une bonne synthèse de l’économie du partage, née sous les sarcasmes il y a quelques années et qui peut à peu s’impose à nous. La fin de l’article est accessible aux membres de Linkedin.

« Portée par le bon sens économique, ses vertus sociales et environnementales, et l’enthousiasme des utilisateurs, la rupture positive de l’économie du partage est en marche !

Que se passe-t-il lorsque nous avons soudain la capacité de mettre en réseau un nombre illimité d’êtres humains ? Lorsque les coûts de transaction, le temps, ou la distance sont réduits à néant ? Et que le monde est instantanément accessible du bout de nos doigts sur nos smartphones ?

L’Homme se retrouve alors libéré de contraintes historiques et fait ce qu’il sait faire de mieux : il échange, il partage. Il transparaît alors des ces échanges que chacun détient des actifs de grande valeur, qui pourtant sont sous-utilisés, et peuvent être utiles aux autres.

Grâce à des plateformes qui facilitent la mise en réseau et la création de confiance entre individus, les particuliers ont soudain la possibilité de partager l’usage de biens, de la connaissance, de l’argent, du temps, du contenu… Ils recouvrent leur capacité à contribuer plus directement à la société et à l’économie, et ce à une échelle inédite, l’échelle planétaire, révolutionnant au passage les relations entre acteurs économiques et sociaux.

Ces modèles prospèrent d’ores et déjà sur tous les continents, avec une résonance universelle. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère, celle du partage, qui impacte toutes les dimensions de nos échanges :

Partage de biens

L’accès facilité aux actifs des autres devient tel que l’on valorise davantage l’usage que la possession, qui s’accompagne elle de contraintes pratiques et financières. On préfère partager l’utilisation d’un bien que de le posséder, surtout pour les biens chers et lourds en “maintenance”. La voiture et le logement sont de bons exemples, et ont récemment donné naissance aux plateformes de location de voiture entre particuliers (Drivy, OuiCar, GetAround, TripnDrive), de covoiturage (BlaBlaCar), d’échange d’appartements (LoveHomeSwap, HomeExchange, Guest2Guest), ou de location d’appartement à courte durée (AirBnB, OneFineStay).

Partage de connaissances

Wikipedia ou les MOOC (Massive Open Online Courses tels Khan Academy, Udemy, Coursera, 360 Learning ou OpenClassRooms) rendent l’accès à la connaissance quasi universel. On collabore sur la création de contenu et partage la connaissance sans limite. Son effet multiplicateur devient ainsi infini. Les MOOCs donnent aujourd’hui accès aux classes des meilleurs professeurs à la demande, en ligne, où que l’on soit, et à toute heure du jour et de la nuit. La meilleure connaissance est ainsi accessible tout le temps, partout, à tous. C’est une révolution.

Partage d’argent

Une idée, une initiative caritative, une création artistique, des étudiants ou des entrepreneurs peuvent à présent se financer, par des dons, des prêts, ou des investissements de particuliers enthousiasmés par leur projet. C’est le crowdfunding ou le crowdlending, aujourd’hui porté par des projets comme Kiva, Kickstarter, Ulule, LendingClub, KissKissBankBank, ou encore Prodigy Finance. Les contributeurs se sentent parties prenantes d’un projet qui les touche, ont l’opportunité d’avoir un impact, ils partagent de l’argent mais aussi de l’émotion, en donnant un sens à leur investissement.

Partage de temps

Chacun peut proposer de son temps et savoir-faire, que ce soit pour des coups de pouce de voisinage, ou comme activité indépendante, sur des sites comme TaskRabbit, Hopwork ou Star of Service. On partage plus librement son temps et ses compétences quel que soit son âge ou son curriculum vitae.

Partage de contenu

Les dossiers, la musique, les films, sont à présent dans le « cloud » et partagés grâce à un accès dématérialisé en tous lieux et tout temps (Dropbox, Spotify, Deezer, Netflix). Le partage de contenu a d’ailleurs initialement été l’un des tout premiers partages à voir le jour via les plateformes, en commençant par des services comme Napster dès 1999.

L’économie du partage est une conséquence logique des innovations de rupture de ce début de siècle qui permettent à l’individu de démultiplier son réseau afin de bénéficier d’un accès facilité et personnalisé à la solution recherchée. Mais l’engouement des utilisateurs résulte aussi, et peut-être surtout, des effets vertueux du partage. »

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Frédéric Mazzella, Président-Fondateur de Blablacar

Conduite autonome, Renault et Nissan accélèrent

Alliance Renault-Nissan

Conduite autonome, l’Alliance Renault-Nissan vient d’annoncer qu’elle va lancer plus de dix véhicules équipés de ces technologies aux États-Unis, en Europe, au Japon et en Chine d’ici 2020.

Ces technologies ne seront pas réservées aux seuls véhicules haut de gamme mais aussi aux voitures grand public et ce à des prix abordables. Depuis quelques années le nombre d’accidents graves et mortels sur nos routes a considérablement diminué. Les nouvelles aides à la conduite permettront de diminuer encore l’accidentalité, la conduite autonome permettant de limiter l’erreur humaine qui est à l’origine d’environ 90% des accidents mortels.

L’efficacité et la sécurité des véhicules de l’Alliance ont fortement augmenté. Ainsi, le nombre d’accidents graves ou mortels à bord de modèles Nissan au Japon a baissé de 61% en 20 ans tandis qu’il diminuait de 80% en 15 ans chez Renault en France.

Les premiers véhicules équipés du système de délégation partielle de conduite « maintien dans une file » (la voiture contrôle automatiquement sa position sur une voie, sur autoroute et dans les embouteillages) arriveront sur le marché en 2016. Les véhicules équipés du système de délégation partielle de conduite « changement de file » qui assure une gestion automatique des dangers et permet le changement de voie sur autoroute feront leur apparition en 2018. Enfin, 2020 sera l’année du lancement du « mode de gestion autonome des intersections » grâce auquel la voiture pourra gérer les intersections en ville sans intervention du conducteur.Toutes ces aides à la conduite seront proposées de série selon les modèles ou en option.

Nous sommes encore loin d’un Paris-Marseille sans aucune intervention du conducteur comme le rêvent certains futurologues, mais ces annonces sont beaucoup plus réalistes et économiseront encore des vies à court terme.

Parallèlement à cette annonce, le groupe va lancer de nouvelles applications connectées qui faciliteront l’accès des automobilistes à leurs activités professionnelles, loisirs et réseaux sociaux.

Philippe Brendel

CES de Las Vegas 2016 : l’automobile éclipse la high tech

La voiture autonome selon Volvo

La voiture autonome selon Volvo

CES de Las Vegas : les voitures connectées, autonomes et électriques seront les véritables stars du plus grand salon mondial de l’électronique grand public, à partir de mercredi. Constructeurs et géants du net y feront des annonces majeures, confirmant que c’est bien par la technologie que le secteur de l’automobile s’apprête à vivre sa révolution.

Traditionnellement, le Consumer Electronics Show (CES), qui se tient tous les ans à Las Vegas début janvier, représente une rampe de lancement formidable pour les nouveaux produits des marques de l’électronique grand public (informatique, électronique, domotique…). Ce salon, le premier de l’année et le plus important car révélateur des grandes tendances à venir, se distingue par l’éclosion de tout un tas d’objets et de services innovants, parfois insolites et dispensables, parfois géniaux. Certains, à l’image drones Parrot ou des objets connectés Netatmo et Withings, trouveront ensuite le succès. D’autres retomberont dans l’oubli.

Cette année, la donne est un peu différente. Bien sûr, la présence de centaines de startups issues des quatre coins de la planète, dont une délégation française particulièrement fournie, offrira sans nul doute son lot de pépites, notamment dans les objets connectés. Mais un autre secteur, toujours présent au CES mais peu habitué à prendre la lumière, pourrait cette fois leur voler la vedette : l’automobile.

Tesla défié dans la voiture électrique

Il faut dire que l’industrie automobile semble fin prête pour accélérer sa révolution numérique et énergétique. Ainsi, c’est au CES du 6 au 9 janvier prochains, et non au mythique Salon de l’automobile de Detroit, qui se tiendra à la fin du mois, que Ford, BMW, Mercedes, Audi ou encore Volkswagen s’apprêtent à révéler quelques innovations majeures. Un indice qui en dit long sur la nature de la révolution à l’œuvre dans l’automobile. Désormais, il s’agit moins « d’améliorer sans cesse les performances des voitures que de mieux les connecter à leur environnement », comme l’indique une étude de décembre 2015 du cabinet Strategy& sur le marché automobile.

Plusieurs prototypes de véhicules innovants sont attendus au CES dans les prochains jours. Du côté des véhicules électriques, General Motors et Volkswagen vont dévoiler leur propre alternative à Tesla, tandis qu’un nouveau venu, le chinois Fadaray Future, se lancera dans la course. GM présentera Chevy Bolt, qui s’affirme comme l’une des premières voitures électriques abordables pour le grand-public et capable de rouler sur plus de 300 kilomètres sans recharge. Enfin, Volkswagen dévoilera Budd.e, son nouveau combi électrique qui ambitionne également de conquérir le grand public.

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