En plein débat sur « la loi El Khomri », nous revoyons les traditionnels défilés de jeunes et de moins jeunes exigeant des corrections au texte ou plus simplement le retrait de ce texte. Il n’est pas sur que tous ceux qui manifestent aient bien lu ou compris le texte, nous ne les blâmerons pas. En revanche, nous devons avoir en tête quelques chiffres qui font froid dans le dos, certains sont connus, d’autres moins :

  • 2 millions de nos enfants ont perdu tout contact avec tout système officiel ou social que ce soit (éducation, formation, emploi…).
  • 150 000 jeunes chaque année sont abandonnés par le système scolaire et éducatif. Dans six ans ce seront trois millions de jeunes en perdition. C’est une bombe.
  • 50 % d’échec à la fin de la première année en université.
  • 25 % des jeunes au chômage en France, 7 % en Allemagne.
  • 1 million de nos enfants vivent sous le seuil de pauvreté.

Nous voyons tous ces jeunes arriver sans formation et surtout sans repères dans une société qui elle-même n’en a plus  (il n’y a pas que le système éducatif qui est responsable, les parents ont aussi démissionné) dans des structures spécialisées comme les Missions locales, mais il y en a bien d’autres. Ces structures s’efforcent de trouver un emploi ou une formation à ces jeunes mais le taux d’échec est important.

Il y a quelques années Bernard Spitz avait écrit un livre célèbre intitulé le « Papy crack » où il montrait l’égoïsme de nos générations de « baby boomers » et la lâcheté de leurs représentants qui ne veulent pas réformer les modalités d’accession à la retraite pour préserver les avantages acquis fût-ce au détriment des générations futures. Il vient de récidiver aujourd’hui avec un ouvrage intitulé « On achève bien les jeunes » dans lequel il montre, une fois de plus, que notre système protège ceux qui ont un emploi (insiders) au détriment de ceux qui en cherchent et notamment les jeunes (outsiders).

Devant un tel bilan calamiteux, n’y a-t-il y pas urgence à essayer autre chose ? Pour Bernard Spitz, il faut assouplir les règles comme Matteo Renzi l’a fait en Italie, pour que les jeunes puissent accéder au travail.

Manipulés ou pas, les jeunes sont dans la rue parce qu’ils sont inquiets, en revanche il serait très dangereux de les utiliser à des fins politiciennes médiocres.

A voir l’interview de Bernard Spitz sur BFM Business :

Philippe Brendel