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Le titre de ce billet n’est pas une plaisanterie, la technologie du flow cell ou cellules à flux est bien réelle même s’il ne s’agit pas d’eau de mer comme nous allons le voir. La firme nanoFlowcell® basée au Lichtenstein a construit plusieurs modèles de voitures aux performances incroyables autour de cette technologie.

La Quantino petite soeur de la Quant F est un petit coupé 2 + 2, long de 3,91 mètres dotée de quatre moteurs de 25 kW chacun qui l’entraine jusqu’à 200 kmh. La Quantino est présentée comme la première étape d’un projet de voiture électrique grand public. L’autonomie de l’engin est supérieure à 1000 kilomètres ce qui est exceptionnel pour une voiture fonctionnant à l’électricité.

Le coupé Quantino reprend la technologie mise au point par nanoFlowcell®. Cette technologie novatrice consiste en deux réservoirs contenant un fluide ionique, l’un chargé positivement, l’autre négativement. Lorsqu’ils entrent en contact, les deux génèrent un courant électrique qui alimente le véhicule en énergie grâce à un accumulateur électrochimique et à une pile à combustible. Ce procédé d’oxydoréduction a été développé par la NASA dans les années 1970 pour alimenter des modules spatiaux.

L’autre particularité du véhicule est de fonctionner avec un courant basse tension de 48 V ce qui est très faible comparé à la tension de  323 V l’e-Golf  ou à celle de la Bluecar (plus de 400 V). Cette basse tension présente bien des avantages en matière de sécurité et notamment en cas d’accident.

Les solutions sont stockées dans deux gros réservoirs de 175 litres chacun. Certains parlent « d’eau salée ». Il ne s’agit pas d’eau de mer mais d’un mélange spécifique de sels métalliques.

L’avantage de ces fluides ioniques est qu’ils ne sont, ni toxiques, ni inflammables et qu’ils résistent au froid. L’inconvénient est la place que prennent les réservoirs, qui limite l’espace habitable, et leur poids, ce qui a amené nanoFlowcell® à développer une carrosserie légère en fibres de carbone. Mais les batteries lithium-ion aussi, pèsent lourd et le constructeur met en avant la densité énergétique de ses batteries qui leur est cinq fois supérieure à poids égal (600 Wh/kg ou litre).

Il est possible de recharger la voiture rapidement en changeant les solutions électrolytiques grâce à une pompe (comme pour un véhicule thermique).

La technologie semble prometteuse et nanoFlowcell® est en attente d’homologation.

Il y a cependant des contraintes :  le remplacement des  350 litres de fluide ionique risque de prendre du temps même si le remplissage des deux réservoirs s’effectue simultanément au moyen d’un double tuyau. Où s’effectuera le chargement du liquide ionique ? Il faudra constituer un réseau de remplissage même si la grande autonomie des voitures autorise une densité moindre que celle d’un réseau de recharge électrique.

Rouler en « voiture à eau » n’est sans doute pas pour demain mais sur « le papier et en video » la technologie est séduisante. Vous verrez ci-dessous la vidéo de présentation de la Quant qui a inspiré la Quantino.

Philippe Brendel