Marché automobile 2015 : neuf mois de recul, c’est suffisant pour avoir une idée assez précise du  marché et de ses tendances. Tour d’horizon.

Le marché automobile 2015 : VP + VUL en croissance de 5,4 % avec 1 694 960 véhicules immatriculés.

Les chiffres globaux

Ce chiffre plutôt bon est à préciser. Le marché VP (véhicules particuliers) a cru de 6,3 % avec 1 421 440 unités, celui du VU (véhicules utilitaires) reste mou avec une croissance de seulement 0,8 % et 273 520 unités en cumul. Cette absence de tonus du marché VU est un indicateur du manque d’investissement des entreprises, il reste conforme aux constats que nous avons effectués les années et mois précédents. Le sursaut de 8 % en septembre sera-t-il un signe de reprise ?

Qui a acheté des VP ?

Marché automobile 2015 : réparation des VP par canal

Marché automobile 2015 : réparation des VP par canal

Le marché VP mérite d’être analysé de plus près. Certes le taux de croissance en cumul de 6,3 % (+ 9 % en septembre) est supérieur aux prévisions les plus optimistes de début d’année et c’est très bien. En revanche, la part des acheteurs particuliers continue de se réduire et tombe à 51,74 % en cumul contre 54 % en 2014. C’est le signe d’un manque d’envie de consommer de l’automobile par les particuliers pour des raisons de pouvoir d’achat. Il serait tentant de dire que les consommateurs boudent l’automobile, il n’en est rien puisque le marché du véhicule d’occasion se tient très bien. Quelles sont les « sociétés » (autres que les particuliers) qui ont acheté des VP au cours de ces neuf derniers mois ? Les investissements automobiles des entreprises au sens large (entreprises, acteurs publics, LLD) progressent légèrement de 0,4 % et restent quasiment à leur niveau de 2014 avec 21,6 %. On notera toutefois un signe encourageant en septembre avec une part de marché de 23,6 %. La part de marché des loueurs courte durée est en baisse à 11,2 % contre 14,7 % en 2014 (l’effet des nouveaux services en ligne ?). En revanche, on constate une forte progression des immatriculations de VD et véhicules constructeurs de 9,7 en 2014 à 15,5 sur les neuf premiers mois de l’année. Peut-être est-ce dû à la sortie de nombreuses nouveautés cette année…

Quels véhicules ont été achetés ?

En VP, la part des économiques et inférieures (type 108, 208) est en croissance (55 %) comme les deux années précédentes, ainsi que les moyennes supérieures (type 508) et supérieures et luxes avec respectivement 12 % et 5 % de part de marché. En revanche la catégorie moyenne inférieure (type Mégane) continue de souffrir (29 %).

La part de marché des véhicules de type SUV (type Captur, 2008, Qashqaï…) continue de croître et passe de 22 à 25 %, ainsi que celle des breaks (7 % en 2015 contre 6 % en 2014), celle des berlines et des monospaces baisse respectivement de 2 et 1 %.

Les cinq VP les plus immatriculés sont la Clio IV, la 208, la 308, le Captur, le 2008.

Les performances des constructeurs

Les constructeurs français s’en sortent bien en ce début d’année avec une part de marché de 54,6 %, en croissance de 3,4 %. PSA s’octroie 29,6 % du marché avec ses trois marques et Renault 25 % avec Renault et Dacia. Derrière, nous trouvons le groupe Volkswagen avec près de 13 % de part de marché et loin derrière : Ford (4,32 % , Nissan 4,03 % et Toyota 3,94 %). Les constructeurs français profitent et vont profiter plus encore du rajeunissement de leur gamme.

Le marché  automobile 2015 par type d’énergie : le diesel perd encore 6,4 % de part de marché

Marché automobile 2015 : VP par énergies

Marché automobile 2015 : VP par énergies

Le diesel en baisse continue

La chute de la part de marché du diesel que nous avions constatée dès le mois de janvier s’est confirmée au fil des mois suivants mais ne s’est pas amplifiée (voir graphique ci-dessus). Il sera intéressant de vérifier au cours des mois suivants si les attaques répétées contre le diesel auront un effet dévastateur sur sa part de marché ou si un point de résistance est atteint. Les citadines fonctionnant toutes à l’essence, il va falloir que cette dernière gagne des points dans les segments de type Clio et Mégane. Les autres segments composés principalement de routières devraient être moins touchés, le diesel restant le carburant de prédilection des gros rouleurs. Il appartient maintenant à nos dirigeants de fixer une politique de prix des carburants claire et surtout stable. Malheureusement, l’affaire VW qui est exclusivement une affaire de tricherie s’est transformée, sans retenue, en attaque en règle contre le diesel. Les enjeux de tous ordres sont suffisamment importants pour mériter d’être traités avec sérieux et en dehors des surenchères idéologiques.

L’hybride en constante augmentation

La part de marché des motorisations hybrides et hybrides rechargeables continue de croître pour atteindre 3,06 %. Les véhicules hybrides rechargeables deviennent visibles avec 0,25 % de part de marché. Espérons que les projets gouvernementaux de réduire fortement les bonus de ces véhicules ne verront pas le jour. Il y a un vrai risque de casser la dynamique de ce marché. Le groupe Toyota reste le leader incontesté des véhicules hybrides « simples » essence avec plus de 60 % de part de marché. PSA avec sa technologie hybride diesel, est bon deuxième avec 28 %. En hybride rechargeable, c’est le groupe VW qui a pris la tête avec 58 % de part de marché suivi de Mitsubishi et de BMW.

L’électrique à 0,8 % de part de marché

Certes les volumes sont encore petits avec 11 800 voitures immatriculées en neuf mois, mais la tendance est favorable. La part de marché du véhicule électrique a dépassé les 0,8 % en cumul depuis le début de l’année. Le mois de septembre confirme cette tendance avec plus de 1 % de part de marché. C’est la Zoé qui tire ce marché avec 7 000 voitures immatriculées et 59 % du total. La Zoé a enfin trouvé le bon équilibre technique et surtout profite d’offres de financement alléchantes. La Leaf arrive en deuxième position (15 %), puis la Blue Car (6,6 %) et enfin l’étonnante Tesla (4,3 %). En VU, la part de marché de l’énergie électrique est de 1,37 % depuis le début de l’année avec 3 800 véhicules. Ce marché est tenu à 55 % par le Renault Kangoo suivi du Goupil G3 et du Nissan NV 200.

La moyenne CO2 VP

Avec 111,9 grammes de CO2 en moyenne sur les huit premiers mois de 2015, la France se place en cinquième position derrière la Norvège (99,7), les Pays-Bas, le Danemark et le Portugal.

Philippe Brendel