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Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, veut bien qu’on teste l’abaissement de la vitesse sur le réseau secondaire bidirectionnel (sans séparateur médian) sur certains axes. Mais il ne veut pas d’une baisse généralisée, comme le réclamait le CNSR (Conseil national de la sécurité routière).

En ces temps de grogne, c’était sans doute une mesure à éviter. Toujours est-il que le ministre veut déminer le terrain. Avant de lancer les expérimentations, Bernard Cazeneuve a précisé qu’il allait d’abord recevoir officiellement un rapport du CNSR, puis rencontrer l’ensemble des parties intéressées au dossier, et enfin faire le point avec les préfets.

Profitant de ce répit, l’Automobile Club Association suggère d’utiliser une méthode qui a fait ses preuves. « Chaque axe concerné devrait être audité en utilisant le programme mené par les Automobile et Touring clubs européens, écrit-t-elle. A l’image d’EuroNCAP pour les crash-tests des véhicules, le programme EuroRAP vise à attribuer des notations aux routes européennes en fonction de leur dangerosité, et fournit ainsi aux aménageurs de routes des informations de références vitales en termes de sécurité, et permet de sensibiliser le public aux risques de décès et de blessures graves.

Cette méthodologie a été mise en place entre 2003 et 2007 en Grande-Bretagne, Irlande, Belgique, Pays-Bas, Suisse, Espagne, Italie, et en Suède. Le programme EuroRAP se poursuit depuis 2007 en Pologne, Slovaquie, Hongrie, Bulgarie, Croatie.

Il propose deux méthodes d’évaluation des risques : une basée sur l’indice de protection des routes (Star Rating) qui permet l’attribution de 1 à 5 étoiles à certaines routes, jugées plus ou moins dangereuses, l’autre est une cartographie du niveau de risque (Risk Mapping) réalisée sur la base des données relatives aux accidents réels et aux flux de circulation communiquées par les autorités gestionnaires des réseaux.

Une réaction de bon sens et opposée à celle d’Agir pour l’Environnement, qui apporte son soutien à une mesure » qui permettrait de réduire la consommation de carburant tout en luttant efficacement contre l’insécurité routière ». L’association y voit un moyen de lutter « contre les émissions de microparticules responsables de nombreux effets sanitaires, de baisser les nuisances sonores à proximité des infrastructures de transport » et de «  redonner un peu de pouvoir d’achats aux automobilistes ». Agir pour l’Environnement interpelle à ce propos Ségolène Royal pour son projet de loi sur la transition énergétique.

Le débat ne fait que commencer.

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