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L’emblématique PDG de Tesla qualifie de « bullshit » l’hydrogène et le considère comme dangereux. Une réflexion sensée ou un problème d’égo ?

Tesla n’en finit pas de nous étonner. La start up californienne est pour le moment la seule qui a échappé au cimetière des nouveaux entrants sur le marché des voitures électriques. Et même si ses bénéfices s’expliquent avant tout par de la revente de crédits CO2 et par des partenariats (avec Daimler et Toyota), elle arrive à vendre. Sa Tesla S, dont le prix de base est supérieur à 60 000 €, fait bien plus de volumes qu’une Zoé. Elle a même détrôné la Golf en devenant en septembre la voiture la plus vendue de Norvège, toutes énergies confondues. Aux USA, il s’en est vendu plus de 14 000 exemplaires depuis le début de l’année. Le PDG, Elon Musk, qui a fait fortune en créant PayPal, et qui a inspiré le personnage au cinéma de Tony Starck dans Iron Man, a jusqu’ici bien mené sa barque. Il est vrai que la Model S est unique sur le marché, avec un rayon d’action de 480 km. Tout aussi unique est le choix de déployer des super chargeurs pour refaire le plein, en seulement 20 mn et gratuitement, de sa berline grâce à une technologie exclusive. Il devrait aussi lancer l’échange de batteries, comme voulait le faire à une époque Better Place.

Le créateur de Tesla a du génie, personne n’en doute. Mais, pourquoi de telles déclarations sur l’hydrogène ? Il aurait ainsi déclaré : « intégrer un imposant système d’alimentation en hydrogène est très compliqué. C’est adapté à une fusée mais pas à une voiture ».

« Si vous comparez la masse et le volume d’une voiture alimentée par hydrogène, et son autonomie ainsi que son coût, vous vous rendez tout de suite compte qu’on est à mille lieues des meilleures batteries Lithium-ion », dit-il encore. Apparemment, Elon Musk pense qu’il est possible de faire des trajets longue distance avec des véhicules à batterie. Et que c’est le seul à pouvoir le faire. Pourquoi pas ? Sa stratégie consiste à développer par le haut de gamme et à réduire progressivement les prix avec des modèles plus abordables ensuite.

Le fait est que l’industrie automobile classique a fait un choix différent. Elle essaie de proposer des modèles électriques abordables (tels la Leaf, qui reste largement le leader mondial avec plus de 85 000 exemplaires dans le monde) et prépare une autre génération de véhicules de type grande berline ou SUV avec une pile à combustible. Nous avons déjà mentionné leur liste sur Car Futur. Ces technologies ne sont pas concurrentes, mais complémentaires. Et qu’on le veuille ou non, la pile à combustible a fait suffisamment de progrès pour arriver en série.

L’autre aspect à prendre en compte est que le réseau de stations à hydrogène se prépare. L’Allemagne aura 100 stations dans 10 ans. Le Japon en aura autant… dans deux ans. Le réseau nippon privilégiera les grands axes et les principales villes. Et Toyota,  dont ni le sérieux, ni la compétence technique ne peuvent vraiment être mis en doute, va lancer dès 2015 un premier modèle avec 700 km d’autonomie et dont le plein ne prend que trois minutes.

Le pays d’adoption d’Elon Musk (qui est sud africain), les USA, se montre plus tolérant dans son approche. Huit Etats américains, dont la Californie, ont décidé de travailler de concert pour soutenir le développement des véhicules zéro émission. Et cela concerne aussi bien le véhicule électrique à batterie que la pile à combustible.

En clair, soit le PDG de Tesla aura raison tout seul. Ou il aura tort. Mais, la modestie n’étant pas sa principale qualité, il préfère pour le moment l’arrogance de la Silicon Valley.

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