L’alliance entre PSA et General Motors a fait une victime collatérale : la BPCE*. La joint venture, créée pour produire en commun des composants destinés pour les véhicules électriques et hybrides, va inévitablement changer de forme et d’actionnaire.

 On a pu lire dans la presse que BMW n’acceptait pas l’alliance entre PSA et General Motors et que, par crainte de fuites de secrets industriels, ou encore en raison de la santé financière fragile du groupe français, on avait décidé à Munich de revoir la structure de la société. Et donc de mettre fin au partenariat. L’histoire est en réalité un peu différente.

 C’est en fait PSA qui a prévenu son partenaire allemand, il y a quelques semaines, qu’il ne trouvait plus son compte dans la joint venture. BMW n’y serait pour rien dans ce divorce franco-allemand. Lors de la fondation de BPCE, en octobre 2011, les français n’étaient pas encore liés à GM. Ce n’est que début mars que l’alliance a été nouée de façon officielle entre Paris et Detroit. Le hasard fait que, quelques jours plus tard, le lancement officiel de BPCE était organisé dans la capitale française, en présence d’officiels et de représentants des deux constructeurs.

 Interrogés à propos de l’alliance avec GM, et de ses éventuelles conséquences, Christian Peugeot (directeur des affaires publiques de PSA) et Wolfgang Güllich (PDG de BPCE, représentant de BMW) ne voient alors pas pourquoi cette alliance pourrait remettre en cause le partenariat dans BPCE. La joint venture, qui souhaite devenir « l’un des premiers équipementiers des chaînes de traction électriques » en Europe, est déjà sur les rails avec de la R&D à Munich et un outil de production prévu à Mulhouse. Les deux partenaires on investi 100 millions d’euros.

 L’approche de PSA a donc varié par la suite. Les projets conclus avec BMW, et qui devaient déboucher en 2015-2016, n’étaient plus compatibles avec un autre calendrier industriel, celui établi avec GM.

 Chez BMW, on se refuse à juger la décision de PSA. Ainsi va le business dans l’automobile : on coopère, on arrête tout et on reprend les discussions avec d’autres partenaires. Il se trouve que le constructeur allemand, qui avait annoncé un accord de recherche avec Toyota sur les batteries au lithium du futur, en a profité pour amplifier son partenariat et l’élargir à l’électrification et à la construction allégée. Une opportunité que les allemands ont su saisir.

 Que va devenir BPCE ? A ce jour, la structure reste en l’état. Une concertation est toujours en cours pour modifier l’actionnariat et, selon toute vraisemblance, PSA va se retirer (ce qui entraînera aussi un changement de nom). Le contraire serait surprenant. BMW pourrait alors décider de reprendre toutes les parts et d’ouvrir ensuite le capital à un autre partenaire.

 BMW et PSA ne sont pas pour autant fâchés. Ils vont continuer leur coopération dans le domaine des moteurs à essence. Il n’est pas exclu non plus que le groupe français soit client dans le futur de BPCE pour acheter des composants.

 En tout cas, le constructeur allemand n’a pas vraiment perdu au change. Il se retrouve avec un partenaire mondial, Toyota, qui va l’aider à avancer plus vite dans l’hybride, l’électrique et même dans l’hydrogène avec la pile à combustible.

L’avenir dira si PSA a eu raison de choisir un autre chemin pour électrifier ses modèles.

*BMW Peugeot Citroën Electrification

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