Il améliore la santé et le moral de ceux qui l’utilisent
Il est économique : il libère du foncier, baisse les coûts liés au transport
Il est écologique : il émet 1 gramme de CO2 par km, ne génère ni pollution locale, ni bruit
Il possède le meilleur rendement énergétique de tous les moyens de transport
Il est doté des dernières technologies Lithium-ion

Qui est-il ?
Son tient en trois lettres : VAE, ou Vélo à Assistance Electrique.

Revenons sur son histoire et rappelons ses caractéristiques pour mieux comprendre pourquoi les entreprises sont de plus en plus nombreuses à l’adopter, à l’image de ST Microelectronics, Bouygues Construction ou la SNCF.

Le VAE ou la renaissance d’une idée qui a fait ses preuves

L’idée d’adjoindre une motorisation d’appoint à une bicyclette remonte à plus d’un siècle. En France, son essor commercial date des années 1930 avec un modèle Philips doté d’un moteur électrique, puis des années 1940 avec le VéloSolex, doté d’un moteur thermique. Ce dernier a connu un succès considérable dans les années 1950 et 60, avec plus de 300 000 unités commercialisées annuellement. Le VéloSolex a ensuite évolué vers un cyclomoteur avant de décliner progressivement à partir des années 1970.

Les Pays-Bas ont pris le relais à cette période, avec le lancement par Sparta d’une bicyclette motorisée thermique dont le succès a été d’autant plus important que le port du casque devenait obligatoire sur un cyclomoteur, occasionnant l’effondrement de ce marché.

Depuis la fin des années 1990, les nouvelles générations de batteries issues de l’électronique portable – plus performantes, plus légères et dotées d’une meilleure autonomie – ont permis de mettre au point les VAE tels que nous les connaissons aujourd’hui. Au Japon, seul marché déjà mâture pour le VAE, 600 000 unités sont achetées annuellement (à titre de comparaison, ce chiffre équivaut à 15% des ventes de voitures particulières). Viennent ensuite l’Allemagne et les Pays-Bas, avec environ 150 000 VAE achetés dans chacun de ces deux pays en 2009. La France, avec 25 000 VAE achetés en 2009, dispose, on le voit, d’une marge de progression considérable.

Qu’est-ce qu’un VAE ?

Un VAE est avant tout un vélo : son cadre et ses équipements sont ceux d’un vélo, il se conduit comme un vélo, il relève de la même législation d’utilisation que le vélo – pas besoin de permis de conduire ni d’assurance, pistes cyclables autorisées, port du casque facultatif, etc.

Mais c’est aussi beaucoup plus qu’un vélo : lors du pédalage, le moteur électrique alimenté par une batterie – rechargeable sur secteur – vient compléter l’effort fourni par le cycliste. L’assistance au pédalage varie fortement d’un modèle à l’autre, mais on peut considérer en première approche que le moteur délivre la même quantité d’énergie que celle fournie par le cycliste. Et ce jusqu’à la vitesse de 25 km/h.

Autrement dit, lors de ses trajets, le cycliste se fatigue deux fois moins sur un VAE que sur un vélo classique. Corollaire, le VAE multiplie par 2 son rayon d’action à effort équivalent. Autre avantage : outre la distance, certains trajets difficiles à réaliser à vélo à cause du franchissement de côtes sont indolores en VAE.

Qu’est-ce qui fait un bon VAE ?

Il existe dans le domaine du VAE la même diversité que dans celui de l’automobile. Entre des versions « low cost » à 300 € et un très haut de gamme à 7000 €, la fourchette de prix pour un VAE fiable d’usage quotidien se situe approximativement entre 1 000 et 2 500€ TTC.

Les principales caractéristiques d’un bon VAE sont :
* Sa robustesse et la qualité de ses équipements (cadre, fourche, freins, etc.), qui doivent être adaptés à la puissance de sa motorisation.
* La sécurité et la fiabilité de son système électrique sur la durée, point particulièrement crucial dans le cas des batteries Lithium-ion, chimiquement instables et très délicates à concevoir et à fabriquer.
* Son adéquation avec les besoins de son utilisateur, en particulier en ce qui concerne l’autonomie procurée par la batterie – suivant les modèles, l’autonomie moyenne peut aller de 15km à plus de 100 km.
* Pour les entreprises qui se dotent de VAE, des aspects tels que l’efficacité de l’éclairage, la résistance des pneus à la crevaison ou la commodité de mise en œuvre de la recharge sont également essentiels.

Pourquoi et comment des entreprises adoptent-elles le VAE ?

Les entreprises qui se dotent de VAE ont généralement fait les quatre constats suivants :
* La question du transport domicile-travail a un impact non négligeable sur leur productivité : ponctualité, stress, effets néfastes sur la santé de la sédentarité occasionnée par le travail « de bureau » associée à l’usage excessif de l’automobile, difficulté de l’entreprise à attirer des talents lorsqu’elle est mal desservie par les transports en commun, coût du stationnement voiture. Le VAE est une réponse pertinente à chacun de ces points : maîtrise du temps de trajet et sérénité associée, exercice physique, accessibilité totale, faible foncier dédié au stationnement.
* Pour les trajets professionnels de proximité – entre deux sites distants de quelques kilomètres, pour des tournées en zone urbaine dense, etc. – le VAE est le moyen de transport le plus rapide, et c’est également le mode de transport individuel motorisé qui présente le coût par kilomètre le plus bas.
* S’il était impensable il y a seulement 10 ans pour une entreprise de faire rouler ses collaborateurs à bicyclette (hormis quelques cas particuliers comme la Poste), les systèmes de vélo en libre-service déployés dans de nombreuses villes de France ainsi que les progrès récents réalisés par les collectivités au niveau des aménagements cyclables ont largement amorcé le retour du vélo comme mode de déplacement de proximité « normal ». Dans le cadre professionnel, l’acceptabilité du VAE est d’autant meilleure que l’assistance électrique permet de gommer les efforts physiques non souhaités et d’éviter par exemple la transpiration.
* Pour les entreprises qui ont réalisé un bilan carbone, les déplacements des collaborateurs sont presque toujours identifiés comme l’une des principales sources d’émission de gaz à effet de serre. Ces émissions peuvent également être quantifiées dans le cadre d’un Plan de Déplacements d’Entreprise. L’usage de VAE permet de les réduire significativement.

Ces constats peuvent conduire à la décision de mettre des VAE à disposition des salariés. Le « Projet VAE » à proprement parler démarre alors. Plus il associera les futurs utilisateurs à la démarche, plus ses chances de succès sont importantes.

Les principales étapes du projet sont classiquement : sensibilisation des salariés, étude préalable – visant à affiner les besoins et à déterminer l’organisation à mettre en place1 – séances d’essais, sélection des modèles, mise en place du système de stationnement, de sécurisation, de recharge et de réservation s’il y a lieu, déploiement du dispositif. Et tout au long, du projet, aspect essentiel : l’accompagnement à la conduite du changement, pour vaincre les résistances, favoriser l’appropriation de ce nouveau mode de transport et assurer son utilisation maximale.

Les VAE et leurs systèmes associés peuvent être achetés en propre par l’entreprise ou loués en location longue durée auprès de certains constructeurs et revendeurs.

Aurore Fabre-Landry

copyright carfutur.com