En 2014, contre toute attente, la part de marché de l’hybride a connu un léger fléchissement en retombant à 2,4 %.

Le marché des véhicules hybrides en France

Le marché français des VP hybrides a connu une hausse continue et forte depuis 2011 pour atteindre près de 2,6 % du marché VP en 2013. En 2014, contre toute attente, la part de marché de l’hybride a connu un léger fléchissement en retombant à 2,4 %.

Graphique : évolution des immatriculations de véhicules hybrides de 2011 à 2014

Capture d’écran 2015-01-30 à 08.36.37Ce marché de l’hybride est peu diésélisé, la part des motorisations essence y est prépondérante avec près de quatre voitures sur cinq. Ce marché est également dominé par Toyota notamment avec ses Yaris, Auris et Prius à essence, avec 66 % de part de marché en 2014. La part de marché de PSA avec ses hybrides diesel continue de baisser régulièrement.

L’essor des motorisations hybrides « simples » est sans doute à un tournant de son évolution comme le montrent les chiffres de 2014, et ce pour deux raisons :

— Les constructeurs réalisent des prouesses technologiques et réussissent à produire des motorisations essence et diesel de plus en plus performantes. Les taux d’émission de CO2 entre deux véhicules, l’un doté d’une motorisation 100 % thermique fonctionnant au gazole ou à l’essence et l’autre doté d’une motorisation hybride, ont tendance à se resserrer.

Comparons deux voitures du segment moyen inférieur comme la Toyota Auris hybride et la 308 automatique EAT 6 essence 130 ch 1,2 Puretec ou diesel 150 ch HDi et 180 ch HDi :

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Les écarts de taux d’émission se rapprochent fortement. Il y a encore un an, il aurait été impensable d’imaginer une motorisation thermique classique de 180 ch diesel équipée d’une boîte automatique à convertisseur de couple émettant 103 g/km de CO2.

— Jusqu’à maintenant, les véhicules hybrides étaient favorisés par un bonus pouvant aller de 1 650 € à 3 300 €. Avec la loi de finances pour 2015, cet avantage est rogné (minimum 1 000 €, maximum 2 000 €), et la définition de l’hybride éligible est devenue beaucoup plus restrictive. N’entrent dans le champ du bonus que les véhicules hybrides émettant entre 61 et 110 g de CO2 et dont le moteur électrique permet une puissance maximale d’au moins 10 KW pendant 30 min. Malgré cela, la plupart des voitures hybrides « simples » restent éligibles au bonus. La part de marché de ces véhicules devrait encore chuter en 2015.

Les véhicules hybrides rechargeables continuent de profiter d’un bonus de 4 000 € maximum. Leur part de marché devrait augmenter d’autant que les offres des constructeurs ont tendance à s’étoffer. L’hybride rechargeable, permettra d’assurer la transition entre les véhicules à motorisation traditionnelle, essence ou diesel, et les voitures 100 % électriques quand la technologie leur donnera la possibilité d’effectuer des parcours plus longs.

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Les véhicules hybrides en entreprise

Les voitures hybrides commencent à entrer dans les flottes d’entreprises, mais ce n’est pas encore le succès attendu même si l’évolution est positive : 26 % des véhicules hybrides essence plus diesel ont été achetés ou loués par des entreprises ou acteurs publics en 2014. La majorité des voitures hybrides est équipée de motorisations à essence et nous avons vu que cette énergie pâtit de ne pas pouvoir bénéficier d’une TVA récupérable, ce qui est rédhibitoire pour de nombreux acheteurs et chefs de parc.

Philippe Brendel