Après un démarrage laborieux, l’autopartage commence, enfin, à s’installer dans le paysage des modes de déplacement urbains occidentaux. Depuis 2006 avec l’arrivée d’opérateurs détenus par des acteurs d’envergure industrielle, offre et demande semblent gentiment s’entendre pour permettre à cette nouvelle mobilité de se développer.
Nous voilà donc visiblement de plus en plus disposés à voir disparaître notre chère (dans les deux sens du terme) voiture au profit d’un véhicule mutualisé avec nos voisins de quartier. Car la vertu du système réside en cela : pourquoi additionner les postes de coûts (achat, entretien, assurance, stationnement, contraventions…) pour une voiture qui, statistiquement, passe 90% de son temps à dormir dans un parking ? Un sommeil fort onéreux qui motive de plus en plus de citadins à «externaliser» ce poste de coûts afin de n’en supporter que l’usage réellement nécessaire. Ou comment préférer l’utilisation à la possession. Une vertu financière, donc – la crise n’est en ce sens absolument pas étrangère à l’essor de l’autopartage lors de ces 24 derniers mois, qui engendre des vertus environnementales : une fois mon véhicule mis de côté, je réfléchis à deux fois avant d’en louer un pour quelques heures ; si un autre mode de transport me semble plus approprié, je n’hésiterais plus à l’utiliser : de là naît la multimodalité permettant de mixer l’usage de la voiture avec celui des transports en commun et de la marche à pied. Autant d’énergies fossiles préservées, et de rejets d’émissions nocives évités.
Sauf que voilà, on le voit bien : les offres d’autopartage sont avant tout proposées aux particuliers, alors même que leur démarche financière est historiquement et intrinsèquement moins analytique que celle des entreprises. C’est notamment ce constat qui pousse certains spécialistes à penser que le vrai essor de l’autopartage passera justement par l’entreprise, permettant aux collaborateurs de grands comptes de prendre goût à ce nouveau type de mobilité dans un cadre professionnel et d’y adhérer ensuite à titre personnel. Un scénario parfaitement plausible dans la mesure où les vertus de l’autopartage répondent précisément aux problématiques de gestion de flotte de n’importe quelle entreprise en 2010.
Alors, concrètement, quels sont les apports de l’autopartage dans le monde de l’entreprise ? L’autopartage permet une optimisation de la flotte, qui passe par une meilleure affectation des ressources (les véhicules) à chaque besoin de déplacement des collaborateurs. Le principe est simple: un pool de véhicules, installé au sein d’une entreprise, est accessible à tous les collaborateurs selon des règles définies (type de véhicule autorisé, planning d’accès…). Un outil de réservation vient affecter un véhicule à chaque demande de déplacement. L’accès au véhicule se fait ensuite en libre-service, grâce à un badge remis au collaborateur. De cette mutualisation de ressources découle trois types d’économies, qui, selon le profil de flotte de chaque entreprise, peuvent se cumuler :
Une réduction des coûts de transport liés aux déplacements en départ site, de type taxi, location courte durée ou encore indemnités kilométriques : la flotte d’autopartage hébergée au sein de l’entreprise vient remplacer tout ou partie de ces modes de transport qui, est-il besoin de le rappeler, pèsent particulièrement lourd dans les comptes d’une entreprise.
Une optimisation du profil de la flotte : la crise financière, les difficultés de stationnement et l’émergence d’une sensibilisation aux problématiques environnementales ont toutes les trois ceci de vertueux qu’elles permettent de bousculer les mentalités : a-t-on toujours besoin d’un même type de véhicule pour chacun de ses déplacements ? Imaginez une entreprise dans laquelle vous pourriez, à votre guise, utiliser une citadine pour vos réunions en hyper centre, un monospace pour vos déplacements avec plusieurs collaborateurs, et une berline compacte pour vos missions chez un client situé à un endroit mal desservi par les transports en commun. Cette entreprise, ce sera la vôtre lorsqu’elle aura choisi de s’équiper d’une solution d’autopartage. Vous y gagnerez une vraie souplesse d’usage, et votre entreprise fera des économies substantielles en remplaçant des véhicules au Prix de Revient Kilométrique élevé par des modèles dont le PRK est moindre.
Une réduction du volume de la flotte : l’optimisation permet, grâce à des outils de reporting adaptés, de définir précisément la quantité de véhicules nécessaires pour répondre aux besoins de mobilité des collaborateurs. Typiquement, le volume des véhicules actuels de pool ou de services d’une entreprise sera redimensionné grâce à l’outil de gestion d’autopartage.
L’autopartage permet également de mieux analyser ce poste de coût, encore trop souvent obscur, qu’est une flotte de véhicules. Dans ce sens, ce nouveau service est une prolongation des révolutions menées par les Leasers ces dernières années : la propriété des véhicules a été remplacée par la location longue durée ; ensuite s’y est adjointe l’externalisation de nombre de services ; grâce à l’autopartage impliquant la réservation et l’accès aux véhicules par badge, des indicateurs d’analyse et donc d’optimisation d’usages viennent s’ajouter aux outils de gestion flotte mis à disposition des entreprises.
En ce sens, l’autopartage est la prochaine révolution dans le domaine des flottes de véhicules, qui vient par ailleurs parfaitement s’intégrer dans les politiques de Plan de Déplacement d’Entreprise menées par des grands comptes toujours plus soucieux de réduire leur empreinte carbone.
Un service qui fait rimer économies avec écologie ne peut qu’avoir de beaux jours devant lui. Nous aurons l’occasion de revenir sur ces sujets très bientôt sur Carfutur.

Louis Marmillon

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