Station-Total-Marseille

Dans son rapport sur les nouvelles mobilités*, l’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) préconise de favoriser l’ensemble des énergies alternatives et pas seulement le véhicule électrique. Un tournant ?

Malgré les communiqués triomphants de l’Avere France, qui se félicite d’une progression de 50 % des ventes de véhicules électriques (VL + VUL), force est de constater que les volumes restent insignifiants. On ne dénombre que 8779 VP et 5175 VUL électriques, Même la Zoé, qui est pourtant le modèle phare de Renault, ne plafonne qu’à 5511 exemplaires dans l’hexagone.

En ajoutant les 41 389 véhicules hybrides (dont 28 676 hybrides diesel), dont les ventes ont progressé de 94 %, l’Avere enfonce le clou et proclame que les véhicules électrifiés représentent 3,1 % du marché. Un chiffre assez comparable d’ailleurs à celui des USA.

Mais, quand on regarde de plus près, on s’aperçoit que les VP en électrique ne représentent que 0,49 % des immatriculations (source : tableau de bord 2013, CCFA), et ce malgré une incitation financière plus que généreuse.  L’hybride diesel fait mieux (0,78 %) et l’hybride essence  se situe encore au-dessus (1,83 %) avec une progression bien plus forte d’ailleurs.

Certes, c’est toujours mieux que le GPL (0,15 %) ou le Superéthanol et le GNV (0,1 %). Néanmoins, on peut remarquer que les ventes de véhicules au GPL ont bondi de 43 % en 2013, malgré l’absence d’aides. De même, la demande pour le carburant E85 pourrait évoluer avec le retour dans la gamme Ford d’un modèle Flexifuel avec la Focus 1,6 L Ecoboost. Autre signe fort : le SP95 E10 (avec 10 % d’éthanol) représente aujourd’hui 29 % de la consommation d’essence.

Si on raisonne au niveau du parc, ce n’est pas tout à fait la même histoire. Le parc roulant hybrides (rechargeables ou non) + électriques est estimé à 200 000 véhicules. C’est bien, mais moins que celui des véhicules au GPL (257 000). Le CFBP fait remarquer au passage que 1 750 stations-services, soit une sur 7, distribuent ce carburant. S’agissant de l’E85, on dénombre un parc de 30 000 véhicules et une infrastructure de 363 pompes. En gros, il y a donc près d’un demi-million de véhicules écologiques sur les routes de France.

Il y a certes en proportion plus de bornes de recharge publiques que de pompes au gaz ou à l’éthanol, mais il s’agit essentiellement des points de charge du réseau Bolloré (Autoib’, plus les bornes en cours de déploiement à Lyon et Bordeaux). Tout cela pour dire que, contrairement aux souhaits de Carlos Ghosn, la voiture électrique n’est pas l’alternative unique. Dans un pays, où les ventes de voitures neuves sont toujours dominées par le diesel (67 % contre 29,72 % pour l’essence), il faut miser sur l’ensemble des solutions.

On comprend pourquoi l’OPECST défend à la fois le programme 2 litres aux 100 km, demande à ce que l’on ne ferme aucune piste (par exemple l’hydrogène) et souhaite surtout que l’on incite davantage au partage des véhicules déjà en circulation.

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