Dans un contexte tendu, entre la perspective du changement climatique et des pressions géopolitiques croissantes sur les ressources pétrolières, le véhicule électrique peut apparaître comme une solution d’avenir.

N’émettant aucune pollution au niveau local, il est même souvent qualifié de véhicule “zéro émission”, de manière exagérée cependant puisque cette expression ne prend en compte le contenu en carbone ni de l’électricité qu’il utilise, ni de son cycle de vie. L’intérêt écologique se double de considérations de sécurité énergétique, mais les bénéfices pour la collectivité s’accompagnent de contraintes qui pèsent en premier lieu sur les particuliers : recharges fréquentes et longues, autonomie limitée. Si les consommateurs semblent prêts à reconsidérer leur vision de la mobilité, le prix restera pour beaucoup une variable très importante dans la décision d’achat : la rentabilité du véhicule électrique dépendra principalement du prix de la batterie ainsi que de la distance annuelle parcourue.

Compte tenu des différences actuelles de coûts, le véhicule électrique ne sera probablement pas moins cher que le véhicule thermique dans les prochaines années : il ne faut donc pas s’attendre à une irruption du tout-électrique sur le marché. Si l’on se fixe l’objectif de réduire notre dépendance au pétrole (ce qui conduit de facto à diminuer également les émissions de dioxyde de carbone), il faut poursuivre l’amélioration des véhicules thermiques, dont les marges de progrès sont importantes : une réduction de 50 % des consommations unitaires par rapport à 2007 est raisonnablement possible à terme. L’électrification progressive des véhicules thermiques et le développement à grande échelle des véhicules hybrides rechargeables permettraient d’aller encore plus loin et constituent des voies d’amélioration prometteuses.

Au delà de ces termes qui pourraient apparaître peu encourageants pour le VE, le CAS fait 5 propositions pour promouvoir la voiture de demain :

1 Modifier les méthodes réglementaires de mesure des consommations énergétiques et des émissions de CO2 afin qu’elles soient plus représentatives de l’utilisation réelle des véhicules.

2 Poursuivre les efforts d’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules à moteur thermique par un durcissement de la réglementation : les émissions de CO2 devront être limitées, dès que possible, à 70 g/km pour les parcs de véhicules neufs de tourisme.

3 Obliger les constructeurs, dans un délai maximum de trois ans, à doter les véhicules neufs d’un dispositif coupant automatiquement le moteur lorsque le véhicule est à l’arrêt.

4  Réduire le stationnement résidentiel en augmentant progressivement son tarif.

5 Finaliser sans tarder les normes que doivent respecter les bornes de recharge tant publiques que privées pour garantir la sécurité des installations.

6 Renforcer progressivement l’incitation à l’achat de véhicules neufs peu polluants.

Source Communiqué du Centre d’Analyse Stratégique