Pour un occidental, ce salon constitue un véritable choc culturel, de la même façon qu’une première visite à Tokyo a de quoi désorienter (voir l’excellent film « Lost in Translation »). Sur place, on croise des concept cars qui semblent échappés d’un manga et la conception de la mobilité a de quoi laisser pantois, entre les outils de mobilité personnelle (i-Real et Winglet de Toyota), la Pivo 3 de Nissan qui tourne dans un mouchoir de poche et qui peut aller se garer toute seule sans le conducteur et les véhicules automatisés*. Comme on peut le voir sur la Fun Vii, l’étonnante voiture connectée de Toyota, les japonais imaginent de laisser l’électronique prendre le contrôle, ce qui permet d’interroger un concierge virtuel sur la liste des restaurants à proximité et de se consacrer à d’autres activités.

Ce côté agaçant, pour ne pas dire japo-niais, se retrouve aussi dans l’espace « Smart Mobility City », que l’association des constructeurs japonais a mis en place pour donner sa vision de la ville de demain. Un pôle qui regroupe le transport intelligent (ITS) et les énergies alternatives. Néanmoins, il y a sans doute de bonnes idées à prendre.

Ainsi, Toyota présente son Smart Mobility Park. Cette station de recharge est équipée de chargeurs et de batteries alimentés par l’énergie solaire et éolienne qui permettra d’assurer la charge de véhicules écologiques, comme les hybrides rechargeables (VHR) et les véhicules électriques. La plateforme repose sur la gestion de l’énergie du Smart Center de Toyota (un système de smart grid testé au Japon, qui relie les maisons, les voitures, les fournisseurs d’électricité et les utilisateurs afin de mieux gérer la consommation énergétique).

Toyota présente également des concepts de scooters et de vélos à assistance électrique dotés d’une fonction de communication, grâce au travail de collaboration mené avec Yamaha. Ces deux roues utilisent la communication sans fil via une liaison Wi Fi et un smartphone, toujours en lien avec le Toyota Smart Center pour échanger des informations relatives à la charge (localisation des stations de recharge, disponibilité, état de charge), aux services de partage et au statut communiqués par les scooters ou les vélos.

Enfin, Toyota livre aussi sa vision de la gestion de l’énergie entre le véhicule et le domicile. Le gestionnaire H2V (« home to vehicle ») est un outil permettant un contrôle efficace et économique de l’alimentation électrique du domicile pour la charge des hybrides rechargeables et des véhicules électriques. Les utilisateurs peuvent se connecter à cet outil, via une liaison filaire ou sans fil à partir d’un PC, d’une télévision ou d’un téléphone intelligent pour régler ou modifier l’heure du début de charge de leur véhicule, ou encore connaître la consommation d’électricité du foyer. Le système peut également interrompre la recharge pour éviter le déclenchement du disjoncteur en cas de consommation électrique intense due à l’utilisation simultanée de plusieurs appareils électroménagers et la reprendre lorsque la demande en électricité diminue.

En conclusion, les japonais ne se contentent pas d’électrifier des voitures. Ils intègrent l’électro mobilité dans un ensemble, qui comprend la ville, le smart grid et la communication via les réseaux sans fil.

*En démonstration sur une terrasse, au-dessus du salon, pour des tests en live de détection de piétons,  de suivi de lignes blanches et de stationnement automatique. Le salon de Tokyo permet même de tester un fauteuil roulant du futur entièrement automatisé.

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