Les chiffres annoncés par les constructeurs pour l’autonomie sont très théoriques et peuvent créer de la déception. C’est la raison pour laquelle la promotion de l’éco-conduite paraît non seulement souhaitable, mais obligatoire pour assurer le succès de la filière.

Comme le rappelle l’étude de l’Observatoire Cetelem sur la voiture électrique, les valeurs d’autonomie  sont calculées sur des cycles dits normalisés, comme le NEDC (New European Driving Cycle) qui se base sur un profil de trajet censé refléter les conditions que rencontre l’européen moyen. Le problème, c’est ce que ce test ne tient pas compte du style de conduite – plus ou moins agressif – d’un conducteur en conditions réelles. On estime que l’autonomie réelle peut être réduite de 15 à 40 % pour les chauffeurs adoptant une conduite sportive. Et ce n’est pas neutre, car on estime que 20 % des automobilistes européens (1 sur 5) ont tendance à avoir le pied lourd sur l’accélérateur.

Autre donnée clé : l’activation du chauffage peut réduire de 20 à 25 % l’autonomie par grand froid. Je vous laisse imaginer ce que donne le cocktail conduite sportive + chauffage à fond.

Une expérience vécue par l’OVE devrait faire réfléchir les constructeurs. Lors d’un essai de la Kangoo ZE et de la Fluence ZE, nous avons pu constater que l’autonomie de ces deux modèles était de 80 km, au lieu de 170. Est-ce que cela signifie que Renault a trompé ses clients ? Non, évidemment. On peut effectivement atteindre 170 km, et jusqu’à 12 kWh/100 km en ayant le pied très léger et en anticipant un maximum sur le trafic. Il se trouve que les conducteurs qui avaient pris le volant avant nous avaient sans doute « mis le pied dedans » avec une conso de 44 kWh.

Quelles sont les règles à adopter ?

D’abord, il convient d’exploiter à fond en ville les qualités du véhicule électrique. Comme la voiture ne consomme rien au feu rouge et dans les bouchons, hormis l’énergie nécessaire pour alimenter les équipements de bord, il faut jouer sur les décélérations et le freinage pour récupérer de l’énergie. Par exemple, il est très facile de lever le pied quand le feu passe au rouge et de se laisser aller en roue libre. Vous verrez que l’autonomie baisse moins vite et qu’elle peut même remonter dans certains cas.

Sur les voies rapides, mieux vaut ne pas s’aventurer pour de longs parcours car la prise de vitesse est dévoreuse d’énergie. Toutefois, en jouant sur l’accélérateur – et une fois lancé – on peut très bien rouler à 110 km/h et par moments ne consommer que 1 kWh/100 km en instantané.

Quand l’autonomie vient à baisser dangereusement, il faut faire quelques compromis côté confort en baissant le chauffage et surtout s’assurer que l’on pourra recharger à destination. La Fluence ZE a l’avantage par exemple de proposer la liste des bornes de recharge grâce au système de navigation connecté Carminat TomTom Live.

Toutefois, il ne pas oublier que la recharge prendre entre 7 et 11 h dans la vraie vie, et en fonction de l’installation électrique.

Rouler en électrique, c’est prévoir !

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