Hyundai Fuel Cell
Nous avons pu essayer le véhicule à hydrogène de la marque coréenne. Un véhicule de série qui ne rejette aucun polluant et qui pourrait séduire les flottes dans le futur.
Même avec un chèque conséquent, un gestionnaire de parc ne pourrait pas louer une iX35 Fuel Cell. Du moins pour l’instant. Non pas parce que Hyundai a une politique sélective, mais parce qu’il n’existe pas d’infrastructure pour faire le plein. Si Air Liquide a deux exemplaires – les seuls en France – c’est parce qu’il dispose de pompes à 700 bars.
Mais, si une station à hydrogène venait à voir le jour sur Paris (et Air Liquide pourrait éventuellement la financer), ce serait une autre histoire. Les loueurs et les flottes d’entreprises pourraient être approchés.
La marque coréenne a fait le choix de préempter le marché. Alors que Toyota et Honda visent 2015, et que le trio Daimler-Nissan-Ford vise 2017, Hyundai a déjà démarré la production en petite série du ix35 FC. Il est fabriqué en Corée du Sud et 1000 exemplaires sont prévus d’ici 2015.
C’est une version zéro émission du SUV du même nom. Sur un plan technique, il fait appel à une pile à combustible de 100 kW, un moteur électrique de 100 kW (136 ch) et une batterie lithium-ion de 24 kWh. L’hydrogène est stocké sous forme gazeuse dans un réservoir de 144 litres. Avec 5,64 kg (1 kg occupe l’équivalent de 27 litres et permet de parcourir 100 km), la voiture revendique – en théorie – 594 km. C’est presque trois fois l’équivalent d’une Zoé.
Dans les faits, notre voiture affichait 543 km au départ. Après 130 km d’un trajet alternant ville, route et autoroute, nous avons rendu les clés avec un compteur qui affichait 361 km. La déperdition entre la théorie et la réalité n’est pas énorme.
A bord du iX35 FC, nous avons pu en apprécier le silence et le confort sur un trajet entre Lyon et Grenoble. Il n’y a aucune différence par rapport à un véhicule électrique classique. C’est un véhicule « fini », qui témoigne de la maturité technologique de cette marque.
Ce que nous avons pu constater, en revanche, c’est que l’accélération n’est pas aussi fulgurante qu’avec un véhicule électrique à batterie, même si le 0 à 100 km/h est réalisé en 12,5 s selon la marque. On même peut dire que l’iX35 FC paraît sous-motorisé, les 136 ch ayant un peu de mal à relancer la bête dans les côtes. Mais, le SUV de Hyundai peut sans problème aller sur l’autoroute. Sa vitesse maximale est de 160 km/h.
Son énorme avantage est de pouvoir faire le plein en 3 mn. Un délai avec lequel l’électrique ne peut absolument pas rivaliser. Certes, la station publique la plus proche de Lyon est à… 342 km. Elle se trouve à Fribourg, en Allemagne. Et elle était du reste à portée.
Mais, en Europe, Hyundai fait le pari que l’hydrogène est une technologie qui va se développer et que les stations vont finir par arriver. Le coréen joue le coup d’après. En occupant le terrain, il prépare l’arrivée de la prochaine génération de véhicule en 2017 et mise sur les flottes et les administrations, avant de s’attaquer au grand public à partir de 2020.
Voir le diaporama :

Copyright Carfutur.com