En apparence, la voiture électrique avec prolongateur d’autonomie a marqué de gros points cette année au salon. Il faut dire que le choix de la Chevrolet Volt et de l’Opel Ampera pour le titre de la voiture de l’année en Europe (décerné pour la première fois dans le cadre du salon) va permettre de donner un coup de projecteur sur la question. Il n’est innocent non plus de voir plusieurs concepts adopter la technique (Pininfarina,Hyundai, Infiniti). Mais, le match n’est pas joué d’avance. En fait, si le range extender est une solution séduisante avec un petit moteur (un trois cylindres 1 L ou 1,2 L fait très bien l’affaire), elle coûte en réalité plus cher que l’hybride plug in. C’est l’analyse qu’on en fait chez Nissan, à Yokohama. Honda, qui va lancer prochainement un modèle de moyenne gamme avec cette solution, semble partager le même sentiment.
Un autre japonais, Toyota, va certes proposer d’ici quelques mois sa Prius en version plug in. Le lancement est prévu en septembre avec un tarif de 32 000 € (bonus de 5000 € déduit, car ce modèle rechargeable passe sous la barre des 50 g de CO2). Mais, cela ne veut pas dire pour autant que la technologie va se décliner très vite dans la gamme. Le groupe Toyota vise d’abord la démocratisation de sa technologie hybride classique, avec la Yaris HSD (seulement 79 g de CO2 par km) et le futur modèle du segment B qui sera décliné du concept FT-Bh. Et c’est pareil chez Lexus. Le passage à l’hybride rechargeable sera conditionné par les progrès des batteries, l’autonomie étant aujourd’hui de 25 km avec du lithium-ion.
L’hybride diesel taille aussi sa route, chez PSA bien sûr où la 508 Hybrid4 a été présentée à Genève, mais aussi chez Mercedes avec une Classe E à 109 g de CO2 et 4,2 L/100 km. Ce mode d’hybridation en version rechargeable semble être la prochaine étape, déjà annoncée par Volvo avec sa V60 D6 à l’automne prochain, et dans un avenir un peu plus lointain chez Volkswagen (Cross Coupé TDI plug in) qui explore décidément tous les territoires en vue de 2018*.
Alors du coup, que reste-t-il à l’électrique pur ? Bien sûr, la Renault Zoé est sans conteste l’une des stars de ce salon de Genève 2012. Reconnaissons au modèle de série un design assez proche du concept et des prestations honnêtes, dont une autonomie homologuée de 210 km (même si le constructeur reconnaît qu’en usage réel, il faudra compter entre 100 km l’hiver et 150 km l’été sur un parcours péri-urbain). On pouvait aussi voir à Genève des utilitaires zéro émission (concept Nissan e-NV200 et Mercedes Vito E-Cell). Mais, à en juger par le peu d’intérêt des médias pour le pavillon vert où sont exposés bon nombre de nouveaux véhicules et de concepts électriques, le buzz entretenu autour de cette technologie est inversement proportionnel à la réalité du marché.
Globalement, toutes ces technologies ont leurs qualités et répondent à des usages. Mais, elles ont un défaut majeur : leur prix trop élevé. Et il ne faut pas s’étonner, dans ces conditions, de voir le marché rester très confidentiel. Ce ne sont pas les constructeurs qui font le marché à coups d’annonces et d’incantations, mais le client. Et pour le moment, ce qui est vert et cher ne provoque pas le désir attendu.
Voir le diaporama :

*Année où il a décrété qu’il serait le numéro un mondial de l’automobile et le leader de l’électrique et de l’hybride.

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