OVE equipauto

C’est bien la peine de défendre le made in France et l’innovation. Pas un ministre n’a daigné venir à Equip Auto, l’événement qui constitue tous les deux ans la vitrine des équipementiers.

Bon, c’est vrai : Equip Auto se déroule à Paris-Nord Villepinte, près de Roissy. Ce n’est pas très glamour pour les photos. Ce qui est vrai aussi, c’est qu’on déplore cette année l’absence des constructeurs (bien que la Zoé et la DS5 Hybrid soient présentes sur plusieurs stands) et même celle de Valeo, l’un des grands champions français de l’innovation. Mais, cela n’empêche pas bon nombre d’entreprises françaises et certaines locomotives européennes ou américaines d’être présentes. Equip Auto a beau être plus axé sur l’entretien et l’après-vente, on y découvre toujours des technologies qui valent le détour.

La tendance, cette année, c’est le véhicule électrique. Parmi les innovations, on peut noter le moteur-roue chez l’allemand Schaeffler et le français NTN-SNR roulements. Nous avons repéré aussi l’étonnant prolongateur d’autonomie EP Tender. Au lieu de mettre un moteur dans le véhicule pour recharger la batterie, Jean-Baptiste Segard a eu l’idée de le mettre dans une remorque. Son invention est destinée à être louée sous le nom Tenderlib. Astucieux et efficace (avec 500 km supplémentaire d’autonomie, soit avec un moteur à essence et une machine électrique, soit avec une pile à combustible). Renault serait d’ailleurs intéressé pour adapter la Zoé à ce range extender mobile.

L’autre secteur en plein essor est l’atelier communicant. Chez Actia comme chez Bosch, les techniciens sont équipés de tablettes tactiles pour faire le tour du véhicule et noter les interventions à faire. Les applications se multiplient pour géolocaliser les garages et prendre rendez-vous en ligne. La prochaine étape, c’est sous le capot que ça va se passer. Grâce à un boîtier que l’on branche sur la prise OBD (diagnostic électronique) du véhicule, et qui peut communiquer avec un smartphone, on peut faire remonter des codes défaut et informer le conducteur d’un risque de panne. Et ce genre d’application (Fun2drive de Bosch) peut donner naissance à un univers de service reliant le réparateur au conducteur. Le groupe Mobivia (Norauto, Midas…) a d’ailleurs profité du salon pour présenter un système équivalent, le Xee, dont les services seront assurés par une communauté de développeurs sur iOS et Android.

On pourrait aussi vous parler du système Audiobox du français One Too qui « écoute » les murmures de l’électronique de bord grâce à des micros pour diagnostiquer les pannes, du vernis de Monopol qui filtre l’infrarouge et abaisse la température de 13 degrés par fort ensoleillement, des plaquettes de frein sans cuivre de Ferodo (groupe Federal Mogul)… Autant de choses qui n’intéressent pas la grande presse, qui trouve du temps pour essayer les nouveaux modèles mais qui en manque quand il s’agit de se pencher sur le contenu technologique.

Pourtant, les équipements représentent plus de 75 % du contenu d’un véhicule. Pour le rappeler, l’Institut Automobile du Mans a eu l’idée d’exposer une maquette avec des composants fournis par les fournisseurs des Pays de Loire. Une belle vitrine régionale.

A force de délaisser ce salon (car la désaffection ne date pas d’hier), les pouvoirs publics ont déjà réussi à rabaisser Equip Auto au rang de salon régional en Europe, loin du gigantisme d’autres salons concurrents en Allemagne, en Italie et même en Turquie.

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