Elon Musk visionnaire

Elon Musk visionnaire

Suite du post précédent.

Mais Elon Musk ne va pas s’arrêter là..

Elon est un adepte des énergies renouvelables.  Il est aussi Président de SolarCity, une entreprise qui fabrique des panneaux solaires.

Elon Musk

SolarCity

Pourquoi dans ce cas ne pas relier ses activités de batteries pour voitures avec son activité de panneaux solaires et permettre ainsi aux foyers équipés de ses panneaux, de stocker localement l’électricité ainsi produite dans sa batterie ?  C’est ce qu’il a annoncé le 30 avril dernier. Il va commercialiser deux types de batteries : pour les foyers (en fait deux pour les foyers), et une plus importante pour les entreprises.

Et là, comme pour l’industrie automobile traditionnelle, les fabricants et distributeurs traditionnels d’électricité (EDF et ERDF en France) se gaussent. Et certaines « utilities 1.0 » aux USA commencent à se demander si c’est du lard ou du cochon. Les batteries de Tesla vont-elles les aider ou au contraire les renverser à terme ?

Pourquoi cette tergiversation ? D’un côté nos utilities pensent qu’ils vont avoir besoin de ses grosses batteries pour les installer dans leur réseau de distribution. Car à aujourd’hui, quand vous ouvrez un interrupteur chez vous, l’électron qui va arriver vient d’être produit. Il est produit en temps réel : il n’y a pas de stockage jusqu’ici prévu ici dans le « grid ». La fabrication d’électricité coûte donc cher (dans les périodes de fortes consommation il faut mettre en production des centrales pour produire en temps réel le courant nécessaires et cela nécessite toute une organisation complexe), sans compter les conséquences environnementales déplorables avec les centrales à charbon, pétrole, atomes.  Donc, avec des batteries stockant le courant ici ou là, les utilities y gagneraient.

En fait, cette industrie de l’électricité et de sa distribution fonctionne toujours selon le même processus, depuis son invention par Edison et Nikola Tesla.

Elon va donc leur faire les yeux doux. Il sait que ces utilities ont besoin de sa batterie pour réduire leur coût de production. Mais plus tard, quand une très grande partie de la population se sera équipée de panneaux et de ses batteries à la maison, les particuliers lâcheront le « grid 1.0» et même en créeront un localement entre eux pour se vendre leur surplus à la eBay avec des « microgrids » locaux (Powershop, une startup de Nouvelle Zelande le fait déjà). Il est très vraisemblable qu’Elon Musk va favoriser ce développement déjà un peu amorcé aux USA.

Elon Musk

SolarCity

Brooklyn par exemple, la célèbre banlieue de New-York veut devenir la première ville électriquement indépendante..

On lira sur ces thèmes, l’excellent livre de Tony Seba (je le recommande) : Clean Disruption of Energy and Transportation : How Silicon Valley will make Oil, Nuclear, Coal , Electric Utilities and conventional Cars obsolete by 2030).

Clean distribution by Tony Seba

Clean distribution by Tony Seba

Mais Elon Musk ne va pas s’arrêter là..

« … conventional cars obsolete by 2030… » Comme dit Tony Seba.

La Tesla, avec son très grand écran au milieu du tableau de bord, va devenir « driveless » (la voiture l’est déjà à 50% bientôt le driveless sera opérationnel à 100%.

Ecran de la Tesla

Ecran de la Tesla

Une voiture robot. Et là, Elon rejoint ses petits copains de Google, qui eux, se sont lancés dans la voiture robot il y a cinq ans environ. Avec deux modèles : une Prius hybride traditionnelle équipée pour cela (voiture qui a déjà parcouru des dizaines de milliers de kms dans quatre Etats américains, avec seulement 11 accidents bénins non responsables ). Et une voiture plus petite, électrique, qui n’a pas de volant ni de pédales.

Google Car

Google Car

Tout cela, en sachant que le célèbre Über ne pense qu’à une chose : lancer dans les grandes agglomérations mondiales un parc de taxis-robots électriques qui seront des Tesla bas de gamme ou le « pot de yaourt » de Google (il semble que Google et Über soient fâchés, alors que le premier avait mis plus de 300 millions de $ dans le deuxième) ou ses propres voitures robots (qu’il étudierait aujourd’hui avec Carnegie Mellon – la célèbre université de Pittsburgh).

On dit aussi dans la Valley, qu’Apple, qui envisage lui aussi la commercialisation de sa propre voiture électrique driveless (projet Titan), avait proposé à Tesla de le racheter. Cela ne semble pas avoir abouti.

En fait, à terme, c’est peut-être l’ensemble du système de transport des agglomérations qui va être chamboulé. Aurons-nous encore besoin de métro, de bus, de parking, etc. même au sein d’un vaste territoire ? Si Blabacar (et d’autres) par exemple se robotise, c’est peut-être la SCNF qui…

Mais Elon Musk ne va s’arrêter là.

Comme si tout cela ne suffisait pas, Elon a d’autres nombreux projets. L’espace d’abord avec sa société SpaceX, et sa fusée « low cost ».

Là, ce sont les Nasa, Arianepace, Boeing qui paraît-il, se font du souci, car SpaceX casse les prix des lanceurs. Le projet d’Elon au bout du bout dans ce domaine : l’Humanité dans le Cosmos, et d’abord sur Mars.

Et puis il y a son Hyperloop : un double tube dans lesquels se déplacent des capsules où prennent place les voyageurs ou des marchandises qui vont ainsi voyager à plus de 1.000 km/h ! Los Angeles serait à 30 minutes de San Francisco ! Si cela se fait, notre TGV 1.0 va être remisé aux oubliettes de l’Histoire.

Hyperloop

Hyperloop

Elon Musk vient d’obtenir les autorisations nécessaires pour tester son Hyperloop sur 8 kms le long de l’Interstate 5 en Californie..

Conclusion (toute) provisoire..

On remarquera que les projets d’Elon Musk sont tous liés au transport et aux énergies renouvelables. Fera-t-il passer l’Humanité des énergies fossiles aux énergies renouvelables ?

Va-t-il réussir à mener tous ces projets à bien ? Il a devant lui de très grandes organisations qui, mettez vous à leur place, ne vont pas se laisser faire (constructeurs de voitures 1.0, pétroliers 1.0, fabricants d’électricité et distributeurs 1.0, etc.) et qui vont essayer, pour les plus agiles, à se e-transformer..

L’Humanité a manifestement un nouveau Steve Jobs. Ce dernier, en son temps avait commencé en disruptant le secteur de la musique (iTunes – iPod), puis celui du téléphone (iPhone – iOS), puis celui du hardware (iPad, iWatch). Elon lui, va poursuivre avec l’énergie et les transports.

Probablement qu’un autre Steve Jobs/Elon viendra plus tard pour disrupter le reste (la santé, mais c’est déjà bien parti dans ce secteur avec Craig Venter et le Watson d’IBM), le manufacturing et l’industrie, le bâtiment, l’éducation, la Justice et son organisation moyenne-âgeuse, les administrations, etc.

Et enfin la démocratie représentative, qui peut-être se mettra au 2.0. Ce ne serait pas du luxe !

Jean-Michel Billaut