Frédéric Mazzella

Frédéric Mazzella

Economie du partage : nous avons le plaisir de relayer cet article de Frédéric Mazzella, Président-Fondateur de Blablacar paru dans Linkedin. Il fait une bonne synthèse de l’économie du partage, née sous les sarcasmes il y a quelques années et qui peut à peu s’impose à nous. La fin de l’article est accessible aux membres de Linkedin.

« Portée par le bon sens économique, ses vertus sociales et environnementales, et l’enthousiasme des utilisateurs, la rupture positive de l’économie du partage est en marche !

Que se passe-t-il lorsque nous avons soudain la capacité de mettre en réseau un nombre illimité d’êtres humains ? Lorsque les coûts de transaction, le temps, ou la distance sont réduits à néant ? Et que le monde est instantanément accessible du bout de nos doigts sur nos smartphones ?

L’Homme se retrouve alors libéré de contraintes historiques et fait ce qu’il sait faire de mieux : il échange, il partage. Il transparaît alors des ces échanges que chacun détient des actifs de grande valeur, qui pourtant sont sous-utilisés, et peuvent être utiles aux autres.

Grâce à des plateformes qui facilitent la mise en réseau et la création de confiance entre individus, les particuliers ont soudain la possibilité de partager l’usage de biens, de la connaissance, de l’argent, du temps, du contenu… Ils recouvrent leur capacité à contribuer plus directement à la société et à l’économie, et ce à une échelle inédite, l’échelle planétaire, révolutionnant au passage les relations entre acteurs économiques et sociaux.

Ces modèles prospèrent d’ores et déjà sur tous les continents, avec une résonance universelle. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère, celle du partage, qui impacte toutes les dimensions de nos échanges :

Partage de biens

L’accès facilité aux actifs des autres devient tel que l’on valorise davantage l’usage que la possession, qui s’accompagne elle de contraintes pratiques et financières. On préfère partager l’utilisation d’un bien que de le posséder, surtout pour les biens chers et lourds en “maintenance”. La voiture et le logement sont de bons exemples, et ont récemment donné naissance aux plateformes de location de voiture entre particuliers (Drivy, OuiCar, GetAround, TripnDrive), de covoiturage (BlaBlaCar), d’échange d’appartements (LoveHomeSwap, HomeExchange, Guest2Guest), ou de location d’appartement à courte durée (AirBnB, OneFineStay).

Partage de connaissances

Wikipedia ou les MOOC (Massive Open Online Courses tels Khan Academy, Udemy, Coursera, 360 Learning ou OpenClassRooms) rendent l’accès à la connaissance quasi universel. On collabore sur la création de contenu et partage la connaissance sans limite. Son effet multiplicateur devient ainsi infini. Les MOOCs donnent aujourd’hui accès aux classes des meilleurs professeurs à la demande, en ligne, où que l’on soit, et à toute heure du jour et de la nuit. La meilleure connaissance est ainsi accessible tout le temps, partout, à tous. C’est une révolution.

Partage d’argent

Une idée, une initiative caritative, une création artistique, des étudiants ou des entrepreneurs peuvent à présent se financer, par des dons, des prêts, ou des investissements de particuliers enthousiasmés par leur projet. C’est le crowdfunding ou le crowdlending, aujourd’hui porté par des projets comme Kiva, Kickstarter, Ulule, LendingClub, KissKissBankBank, ou encore Prodigy Finance. Les contributeurs se sentent parties prenantes d’un projet qui les touche, ont l’opportunité d’avoir un impact, ils partagent de l’argent mais aussi de l’émotion, en donnant un sens à leur investissement.

Partage de temps

Chacun peut proposer de son temps et savoir-faire, que ce soit pour des coups de pouce de voisinage, ou comme activité indépendante, sur des sites comme TaskRabbit, Hopwork ou Star of Service. On partage plus librement son temps et ses compétences quel que soit son âge ou son curriculum vitae.

Partage de contenu

Les dossiers, la musique, les films, sont à présent dans le « cloud » et partagés grâce à un accès dématérialisé en tous lieux et tout temps (Dropbox, Spotify, Deezer, Netflix). Le partage de contenu a d’ailleurs initialement été l’un des tout premiers partages à voir le jour via les plateformes, en commençant par des services comme Napster dès 1999.

L’économie du partage est une conséquence logique des innovations de rupture de ce début de siècle qui permettent à l’individu de démultiplier son réseau afin de bénéficier d’un accès facilité et personnalisé à la solution recherchée. Mais l’engouement des utilisateurs résulte aussi, et peut-être surtout, des effets vertueux du partage. »

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Frédéric Mazzella, Président-Fondateur de Blablacar