Dans une étude passionnante et très fouillée, l’Observatoire Cetelem de l’Automobile soulève les points de blocage qui empêchent une diffusion massive du véhicule électrique. Si on met de côté l’autonomie et l’absence de prises, les principales interrogations se situent au niveau du coût de revient.

Oui au véhicule électrique, mais à condition qu’il ne coûte pas plus cher ! C’est le souhait de 49 % des européens et de 57 % des français. Pas gagné… Et s’il faut un payer un surcoût, celui-ci ne devrait pas excéder 30 %, toujours selon les personnes interrogées. Or, un modèle zéro émission coûte en vérité deux à trois fois plus cher que l’équivalent thermique. On l’a compris, le véhicule électrique est considéré comme trop cher, pour les entreprises comme pour les particuliers.

Qu’en est-il ?

Le principal avantage du véhicule électrique est de présenter des coûts d’utilisation inférieurs à ceux du véhicule thermique. Le « carburant » est moins cher (2,40 € pour 100 km), l’entretien est réduit et l’assurance est aussi moins onéreuse. Mieux : le VE permet de faire des économies pour les « gros rouleurs ». Mais, c’est là qu’on touche au paradoxe de ce type de véhicule. Car, comment  peut-on rouler beaucoup dans un véhicule avec une autonomie limitée et qui est, de fait, plus adapté aux courtes distances ? Par ailleurs, et ce n’est pas un petit détail, la batterie n’est pour l’instant garantie que sous couvert d’un kilométrage annuel limité (10 à 25 000 km par an, selon le barème de Renault).

L’Observatoire Cetelem s’est livré à un calcul.

D’un côté : un modèle thermique à 11 200 €. Si l’on considère le prix moyen de l’essence en 2011 (1,57 €/L) et en émettant l’hypothèse que le véhicule perd 20 % de sa valeur par an, le coût total lié à cette citadine essence est estimé à 25 752 sur huit ans après revente (entretien et assurance inclus).

D’un autre côté, le même modèle 100 % électrique, avec un prix d’achat de 30 350 €, batterie incluse et prime gouvernementale déduite, et en prime une installation électrique domestique à environ 650 € tout compris. Avec un coût de l’électricité estimé à 2,40 € pour 100 km en moyenne, des frais d’entretien environ 50 % moins chers à ceux de son équivalent thermique et une décote annuelle équivalente (- 20 % par an), le coût total lié à cette citadine électrique s’élève à 33 765 sur huit ans après revente (entretien et assurance inclus).

En France, dans les conditions actuelles et à prix d’énergie inchangés, on estime qu’il faudrait parcourir plus de 33 000 km par an pour rentabiliser le véhicule électrique. Et, si on s’en tient à la moyenne des français (13 000 km par an environ), il ne deviendrait compétitif que dans le cas, assez improbable, où le prix de l’électricité serait stable et où le prix du litre d’essence atteindrait 3,25 . Une situation inenvisageable à court ou moyen terme.

Alors ?

La location de la batterie pourrait être une alternative. Ce mode de consommation, avec une mensualité d’environ 80 € par mois (environ 1000 € par an), a l’avantage de décomposer les coûts d’achat et d’usage. Le véhicule thermique garde l’avantage, mais l’écart est au final moins important. Une solution en apparence tentante, mais dont se méfie le consommateur.

En conclusion, la rentabilité du VE reste très aléatoire. Ce sont avant tout les entreprises et les opérateurs d’auto partage qui vont amorcer le démarrage, mais avec une « problématique » coût d’usage encore plus difficile pour les VP électriques du fait des différentes charges fiscales et sociales supplémentaires (voir les études précédentes sur carfutur).

 

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