Citroën E-Méhari : la Méhari saison II

Citroën E-Méhari

Après des semaines de teasing insupportable… la Citroën Méhari est de retour sous le nom de Citroën E-Méhari. Le plus fort est qu’elle réussit à ressembler à sa vénérable ancêtre de 1968 qui voulait être la concurrente de la Mini Moke. Elle en a gardé l’originalité et les qualités : elle est découvrable avec une capote amovible astucieuse ; elle est dotée de quatre vraies places, avec une banquette rabattable ; elle est équipée d’un châssis surélevé pour une conduite tout-chemin ; elle est réalisée dans une carrosserie thermoformée qui ne ressemble plus à la tôle ondulée de son ainée mais conserve toutes les qualités du matériau ; enfin elle a gardé cette caractéristique que tout le monde a retenue : elle se lave intérieurement et extérieurement à grande eau.

Là s’arrête la ressemblance, car avant tout, la Méhari ne s’appelle pas Méhari mais E-Méhari. Elle est 100 % électrique. Elle est dérivée de la Bluesummer de Bollore et donc équipée d’une technologie de batterie fournie par ce groupe. Ce qui signifie que ce sont des batteries LMP® (Lithium Métal Polymère) qui certes permettent une bonne autonomie (environ 200 kilomètres en cycle urbain selon les données du constructeur) et offrent fiabilité et sécurité mais nécessitent d’être être maintenues en permanence à une température de 70/80°C, même lorsque le véhicule électrique est à l’arrêt. Autrement dit, la voiture doit rester branchée en permanence sous peine de voir sa batterie se vider en moins de trois jours. Un mode hivernage est prévu, mais il risque de se révéler lourd à l’usage. En revanche, ces batteries permettent de rouler jusqu’à 110 km/h et se rechargent complètement en huit heures en 16A (bornes domestiques ou bornes publiques de type Autolib)  ou en 13 heures sur les prises domestiques en10A. Espérons que cette particularité des batteries LMP ne sera pas un frein à l’achat.

Citroën E-Méhari

Ce véhicule de loisirs quatre places (3,81 m de long) est « branché, décomplexé, décalé, et pourquoi pas irrévérencieux » (sic). La Citroën E-Méhari est une voiture sympa qui devrait trouver sa place dans nos paysages urbains et dans les stations balnéaires chics. Bravo à Citroën d’avoir su nous étonner encore une fois avec ce modèle plein de qualités, produit à Rennes à raison de cinq véhicules par jour pour commencer, et commercialisé au printemps 2016. Son prix sera d’environ 25 000 € avant le bonus écologique de 6 300 €, auquel il faudra rajouter 79 € par mois pour la location des batteries. Cher, cher d’être un branché !

Philippe Brendel

308 R HYbrid : une Peugeot de combat presque « propre ».

Peugeot 308 R HYbrid

Peugeot 308 R HYbrid

Les conséquences de l’abandon de l’hybride diesel chez Peugeot arrivent rapidement. Peugeot surfe sur le succès des voitures hybrides essence et lance une voiture hors normes la 308 R HYbrid. Le développement de cette voiture a été confié à PEUGEOT SPORT. Le résultat est époustouflant : une puissance de 500ch et quatre roues motrices. La Peugeot 308 R HYbrid atteint 250 km/h, franchit le 0 à 100 km/h en à peine 4,0 secondes, et couvre le 1000m départ arrêté en seulement 22,5 secondes. Les émissions de CO2 ne dépassent pas les 70 g/km.

Sur un plan technique la 308 R HYbrid combine :

–   un 4-cylindres essence 1.6L THP 270 S&S de la nouvelle 308 GTi,

–   une machine électrique, d’une puissance de 85kW / 115ch, connectée aux roues avant via une boîte de vitesses à six rapports,

–   une machine électrique, de mêmes caractéristiques, sur le train arrière,

–  une batterie Lithium-Ion de 3 kWh (non rechargeable sur le secteur donc) est placée sous la banquette arrière .

Le prix n’est pas connu à ce jour. Au delà de l’exploit technique et de la démonstration de savoir faire de notre constructeur national, la 308 R HYbrid nous prouve que Peugeot relève le gant en matière d’hybride, mais à essence cette fois. La 308 R Hybrid préfigure ce que seront les prochaines productions grand public du constructeur sans doute en 2017. Nous attendons les prochaines annonces d’hybrides rechargeables.

Il reste que cette magnifique 308 ne sera pas à la portée de toutes les bourses ni de toutes les mains.

Philippe Brendel

Nouvelle Prius : seulement 3 l/100km !

Les caractéristiques de la nouvelle Prius 2016 sont enfin dévoilées par Toyota France.Toyota a remanié son système hybride et adopté une silhouette aérodynamique révolutionnaire (pas toujours bien acceptée) qui lui fait franchir de nouveaux sommets.

Caractéristiques et performances de la nouvelle Prius

Ces caractéristiques sont prometteuses, jugez plutôt : les émissions de CO2 chutent à 70 g/km et la consommation débute à 3,0 l/100 km, contre 89 g/km et 3,9 l/100 km pour la génération précédente. Les performances sont aussi au rendez-vous : accélération de 0 à 100 km/h en 10,6 secondes, reprise de 80 à 120 km/h en 8,3 secondes, vitesse de pointe sur circuit de 180 kmh.
Il sera intéressant de vérifier, en conditions réelles de conduite, ces chiffres de consommation très alléchants (nouvelles normes RDE applicables début 2016).

Le rendement est en progrès par rapport à la précédente Prius notamment grâce à  l’évolution du moteur essence 1,8 litre VVT-i  dont le rendement thermique passe à 40 %. Les organes principaux du système hybride ont été revus pour gagner du poids et améliorer le rendement, notamment la boîte-pont, le moteur électrique et l’électronique de puissance.

Une  nouvelle batterie nickel-hydrure métallique (NiMH) plus compacte avec une densité d’énergie supérieure a été installée. La batterie se loge sous les sièges arrière, ce qui évite d’empiéter sur le volume du coffre.

L’aérodynamisme de la nouvelle Prius a aussi été revue: . de 0,25 pour le modèle actuel, le coefficient de pénétration dans l’air (Cx) passe ainsi à 0,24. La nouvelle Prius conserve une ligne originale qui sera reconnaissable entre toutes.

 

Voici les caractéristiques techniques de la nouvelle Prius (source Toyota) :

Caractéristiques Prius 2016

Conclusion

La nouvelle Prius vient à point nommé remplacer l’actuelle génération dont les ventes s’écroulaient dangereusement sur les 10 premiers mois de l’année (- 5 %) et surtout en octobre (- 24 %). Elle participera à l’augmentation significative de part de marché des véhicules hybrides sur notre marché aux côtés de la Yaris et de l’Aurais. Les ventes mondiales cumulées de la Prius depuis son lancement en 1997 doivent maintenant se rapprocher des 10 millions d’exemplaires.

Philippe Brendel

Le défi de Toyota : maintenir sa place de leader incontesté du marché des hybrides

Marché automobile 2015, bilan à fin septembre

Marché automobile 2015 : neuf mois de recul, c’est suffisant pour avoir une idée assez précise du  marché et de ses tendances. Tour d’horizon.

Le marché automobile 2015 : VP + VUL en croissance de 5,4 % avec 1 694 960 véhicules immatriculés.

Les chiffres globaux

Ce chiffre plutôt bon est à préciser. Le marché VP (véhicules particuliers) a cru de 6,3 % avec 1 421 440 unités, celui du VU (véhicules utilitaires) reste mou avec une croissance de seulement 0,8 % et 273 520 unités en cumul. Cette absence de tonus du marché VU est un indicateur du manque d’investissement des entreprises, il reste conforme aux constats que nous avons effectués les années et mois précédents. Le sursaut de 8 % en septembre sera-t-il un signe de reprise ?

Qui a acheté des VP ?

Marché automobile 2015 : réparation des VP par canal

Marché automobile 2015 : réparation des VP par canal

Le marché VP mérite d’être analysé de plus près. Certes le taux de croissance en cumul de 6,3 % (+ 9 % en septembre) est supérieur aux prévisions les plus optimistes de début d’année et c’est très bien. En revanche, la part des acheteurs particuliers continue de se réduire et tombe à 51,74 % en cumul contre 54 % en 2014. C’est le signe d’un manque d’envie de consommer de l’automobile par les particuliers pour des raisons de pouvoir d’achat. Il serait tentant de dire que les consommateurs boudent l’automobile, il n’en est rien puisque le marché du véhicule d’occasion se tient très bien. Quelles sont les « sociétés » (autres que les particuliers) qui ont acheté des VP au cours de ces neuf derniers mois ? Les investissements automobiles des entreprises au sens large (entreprises, acteurs publics, LLD) progressent légèrement de 0,4 % et restent quasiment à leur niveau de 2014 avec 21,6 %. On notera toutefois un signe encourageant en septembre avec une part de marché de 23,6 %. La part de marché des loueurs courte durée est en baisse à 11,2 % contre 14,7 % en 2014 (l’effet des nouveaux services en ligne ?). En revanche, on constate une forte progression des immatriculations de VD et véhicules constructeurs de 9,7 en 2014 à 15,5 sur les neuf premiers mois de l’année. Peut-être est-ce dû à la sortie de nombreuses nouveautés cette année…

Quels véhicules ont été achetés ?

En VP, la part des économiques et inférieures (type 108, 208) est en croissance (55 %) comme les deux années précédentes, ainsi que les moyennes supérieures (type 508) et supérieures et luxes avec respectivement 12 % et 5 % de part de marché. En revanche la catégorie moyenne inférieure (type Mégane) continue de souffrir (29 %).

La part de marché des véhicules de type SUV (type Captur, 2008, Qashqaï…) continue de croître et passe de 22 à 25 %, ainsi que celle des breaks (7 % en 2015 contre 6 % en 2014), celle des berlines et des monospaces baisse respectivement de 2 et 1 %.

Les cinq VP les plus immatriculés sont la Clio IV, la 208, la 308, le Captur, le 2008.

Les performances des constructeurs

Les constructeurs français s’en sortent bien en ce début d’année avec une part de marché de 54,6 %, en croissance de 3,4 %. PSA s’octroie 29,6 % du marché avec ses trois marques et Renault 25 % avec Renault et Dacia. Derrière, nous trouvons le groupe Volkswagen avec près de 13 % de part de marché et loin derrière : Ford (4,32 % , Nissan 4,03 % et Toyota 3,94 %). Les constructeurs français profitent et vont profiter plus encore du rajeunissement de leur gamme.

Le marché  automobile 2015 par type d’énergie : le diesel perd encore 6,4 % de part de marché

Marché automobile 2015 : VP par énergies

Marché automobile 2015 : VP par énergies

Le diesel en baisse continue

La chute de la part de marché du diesel que nous avions constatée dès le mois de janvier s’est confirmée au fil des mois suivants mais ne s’est pas amplifiée (voir graphique ci-dessus). Il sera intéressant de vérifier au cours des mois suivants si les attaques répétées contre le diesel auront un effet dévastateur sur sa part de marché ou si un point de résistance est atteint. Les citadines fonctionnant toutes à l’essence, il va falloir que cette dernière gagne des points dans les segments de type Clio et Mégane. Les autres segments composés principalement de routières devraient être moins touchés, le diesel restant le carburant de prédilection des gros rouleurs. Il appartient maintenant à nos dirigeants de fixer une politique de prix des carburants claire et surtout stable. Malheureusement, l’affaire VW qui est exclusivement une affaire de tricherie s’est transformée, sans retenue, en attaque en règle contre le diesel. Les enjeux de tous ordres sont suffisamment importants pour mériter d’être traités avec sérieux et en dehors des surenchères idéologiques.

L’hybride en constante augmentation

La part de marché des motorisations hybrides et hybrides rechargeables continue de croître pour atteindre 3,06 %. Les véhicules hybrides rechargeables deviennent visibles avec 0,25 % de part de marché. Espérons que les projets gouvernementaux de réduire fortement les bonus de ces véhicules ne verront pas le jour. Il y a un vrai risque de casser la dynamique de ce marché. Le groupe Toyota reste le leader incontesté des véhicules hybrides « simples » essence avec plus de 60 % de part de marché. PSA avec sa technologie hybride diesel, est bon deuxième avec 28 %. En hybride rechargeable, c’est le groupe VW qui a pris la tête avec 58 % de part de marché suivi de Mitsubishi et de BMW.

L’électrique à 0,8 % de part de marché

Certes les volumes sont encore petits avec 11 800 voitures immatriculées en neuf mois, mais la tendance est favorable. La part de marché du véhicule électrique a dépassé les 0,8 % en cumul depuis le début de l’année. Le mois de septembre confirme cette tendance avec plus de 1 % de part de marché. C’est la Zoé qui tire ce marché avec 7 000 voitures immatriculées et 59 % du total. La Zoé a enfin trouvé le bon équilibre technique et surtout profite d’offres de financement alléchantes. La Leaf arrive en deuxième position (15 %), puis la Blue Car (6,6 %) et enfin l’étonnante Tesla (4,3 %). En VU, la part de marché de l’énergie électrique est de 1,37 % depuis le début de l’année avec 3 800 véhicules. Ce marché est tenu à 55 % par le Renault Kangoo suivi du Goupil G3 et du Nissan NV 200.

La moyenne CO2 VP

Avec 111,9 grammes de CO2 en moyenne sur les huit premiers mois de 2015, la France se place en cinquième position derrière la Norvège (99,7), les Pays-Bas, le Danemark et le Portugal.

Philippe Brendel

Toyota et Mazda : échanges de bons procédés autour des éco-énergies

Toyota-Mirai-10

Les deux constructeurs japonais ont décidé de s’associer, l’un pour bénéficier de technologies autour du zéro émission, l’autre pour améliorer le CO2 de ses motorisations classiques. Un partenariat qui illustre la nécessite de mutualiser les investissements.

Clairement, Mazda a surtout besoin de Toyota pour l’aider à passer le cap de certaines normes. C’est le cas pour la Californie, où un fort accent est mis sur la promotion des voitures électriques et à hydrogène. Mais cela va être le cas aussi pour d’autres pays comme la Chine, où la pollution est telle que les normes vont devenir plus contraignantes qu’en Europe. Et dans ce contexte, le petit constructeur nippon se retrouve bien désarmé. Certes, il a testé l’électrique et l’hybride. Mais, il a jusqu’à présent surtout mis l’accent sur l’optimisation des moteurs thermiques. Une stratégie qui avoue vite ses limites.

Grâce à Toyota, Mazda va donc bénéficier de deux technologies : l’hybride rechargeable (appliquée sur la Prius VHR) et la pile à combustible (introduite en série sur la Mirai). Des travaux avaient bien été menés sur l’hydrogène par la firme d’Hiroshima, mais en tant que carburant gazeux pour alimenter un moteur thermique (en l’occurrence, le moteur rotatif de la RX-7). Une voie abandonnée par tous ceux qui s’y sont risqués, y compris BMW (qui est également lié à Toyota dans le cadre d’un partenariat, dont la PAC fait partie).

Toyota avait déjà aidé son compatriote sur l’hybride en 2010, avec un accord de licence.

Mais, l’accord va dans les deux sens. Ainsi, l’expertise acquise par Mazda à travers la stratégie SKYACTIV – autour des moteurs essence et diesel – va bénéficier en retour à Toyota. Malgré les ventes de modèles hybrides, le numéro 1 de l’automobile n’est pas dans les plus vertueux pour les émissions de CO2. Il va donc pouvoir ainsi bénéficier de moteurs plus sobres.

Il est vrai que Toyota a besoins de réserves pour financer le développement de l’hydrogène. Le constructeur contribue aussi au financement de l’infrastructure. Et même un géant a besoin parfois d’un coup de pouce, surtout en cette période où le ticket d’entrée devient hors de portée pour un acteur qui veut avancer seul.

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Energies et marché automobile en 2013

L’année 2013 vient de se terminer. Elle n’a pas été glorieuse cette année 2013, malgré cela elle marquera l’histoire du marché automobile français particulièrement sur le plan énergétique.

L’inflexion de la courbe du…diesel en 2013

Après 22 ans de croissance ininterrompue, la part de marché des motorisations diesel s’est brusquement repliée de près de 6% en 2013 pour revenir à 67%, (sans doute davantage encore quand on sait que 70% des voitures hybrides sont des voitures à essence). « Ce rééquilibrage naturel est durable et nous confirmons notre prévision d’un marché automobile à 50% essence, 50% diesel en 2020, », pronostiquait Patrick Blain, Président du CCFA (Comité des constructeurs français d’automobiles) au mois de novembre dernier.

L’arrivée des normes Euro 6 en 2014 et 2015 qui vont entraîner un renchérissement des motorisations diesel insupportable pour les petits modèles, et le terrorisme anti-diesel ambiant, ont fini par avoir raison de l’appétence immodérée et parfois irréfléchie des français pour ce carburant.

Pourtant, les entreprises (entreprises au sens strict + location longue durée + acteurs publics) continuent de s’équiper en VP (Voitures Particulières) diesel à 87% en 2013, du fait de coûts d’usage encore en défaveur des motorisations essence et surtout d’une réglementation fiscale obsolète, pour ne pas dire imbécile, qui interdit aux entreprises de récupérer la TVA sur l’essence, contrairement à ce qu’elles sont autorisées à faire avec le diesel. Concernant les VUL  ((Véhicules Utilitaires Légers) l’équipement est composée à 97% de motorisations diesel.

La part de marché des véhicules hybrides croit rapidement pour passer de 1,5% en 2012 à 2,6% en 2013. Les véhicules électriques peinent à trouver leur marché en VP avec une pénétration de 0,5% et de 1,4% en VU .

Le nombre d’immatriculations des motorisations fonctionnant avec les autres énergies (GPL, GNV, Superethanol) est très faible avec 3 500 unités.

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Zoom sur les motorisations essence et diesel en VP

Les voitures du segment B1 (type Twingo) fonctionnent essentiellement à l’essence (90%). Le segment B2 (Clio) est encore majoritairement propulsé par des motorisations diesel (50%) mais l’essence (47%) n’est pas loin de lui ravir cette première place, ce sera peut-être fait en 2014.

Le diesel est financièrement imbattable pour les gros rouleurs donc pour les utilisateurs de voitures appartenant aux segments supérieurs. L’essence parviendra certainement à conquérir des parts de marché importantes sur les petits segments voire même sur le segment M1 (Mégane) mais ce sera plus difficile sur les segments M2 (Laguna) et H (Série 5 et série 7).

Evolution de 2011 à 2013 des différentes  énergies VP dans les entreprises.

Sur le marché global des VP, le décrochement  du diesel est intervenu en 2013 (-6%).

Sur le seul marché des VP en entreprises, un décrochement léger du diesel est intervenu en 2012 (-0,6%) et s’est ensuite accentué en 2013 (-3,4 points). La part de marché de l’essence augmente faiblement en apparence entre 2011 et 2013 (+1,4%), mais il faut y rajouter le poids des hybrides essence qui pèsent 54% des hybrides en entreprise soit 1,6% qui viennent se rajouter au 9,2% de part de marché de l’essence en entreprise en 2013. La part de marché totale de l’essence en entreprise est donc de 10,8% ce qui commence à être significatif (voir ci-après).

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Les entreprises choisissent de s’équiper en véhicules diesel parce que ceux-ci sont plus économiques quand ils sont utilisés de façon intensive. Les raisons fiscales ne sont pas  non plus étrangères à cet engouement : la non récupération de la TVA sur l’essence vient augmenter lourdement le poste énergie. Toutefois malgré ce handicap et dans des conditions d’utilisations précises (kilométrage moyen annuel moyen ou faible), l’essence peut se révéler intéressante en coût d’usage. La situation est en train de changer.

Zoom sur les motorisations hybrides

L’histoire industrielle des véhicules hybrides est assez récente et remonte au début des années 2000 avec l’arrivée des premières Toyota Prius. Le décollage du marché des véhicules hybrides a été longtemps hésitant.

Aujourd’hui, du fait de l’élargissement de la gamme Toyota et Lexus, de l’arrivée de nouveaux constructeurs comme PSA , BMW, Mercedes ou VAG et de la technologie prometteuse de l’hybride rechargeable, les véhicules hybrides sont de plus en plus appréciés par la clientèle des particuliers et des entreprises.

La croissance du marché est rapide. En 2011, 13 400 véhicules hybrides ont été immatriculés, 27 900 en 2012 et 46 800 en 2013. La part de marché des véhicules hybrides est passée de 0,6% en 2011 à 2,61 en 2013.

La part des hybrides essence est de 70% avec un acteur très dominant : Toyota. Toyota immatricule 92% des hybrides essence et 64% du total des hybrides essence + diesel. PSA de son côté détient 95% de part de marché des hybrides diesel mais seulement 28% du total.

L’arrivée de nouveaux acteurs pourrait modifier ce classement dans l’avenir mais la position de Toyota parait solide.

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En entreprise, le nombre de véhicules hybrides mis en service était de 11 100 (24% du total des hybrides) en 2013 dont 5 900 hybrides essence et 5 200 hybrides diesel soit une répartition proche de 50/50.

Zoom sur les motorisations électriques

L’année 2009 a été l’année de tous les espoirs pour le véhicule électrique. PSA présentait ses Ion et C0, Renault annonçait à grand renfort de publicité son arrivée fracassante dans l’électrique, de nombreux petits constructeurs présentaient leurs nouvelles productions. Cette année là, Carlos Ghosn pronostiquait que les voitures électriques représenteraient 10% du marché mondial en 2020. Il a certes fait preuve d’optimisme, mais sa détermination a pesé ; le véhicule électrique est désormais une réalité et tous les constructeurs  ont déjà lancé ou vont lancer de tels modèles dans les années à venir.

Capture d’écran 2014-02-06 à 07.50.20La progression des immatriculations des VP électriques n’est pas ce que l’on pouvait espérer mais elle est  réelle et continue : 2 669 unités en 2011, 5 663 en 2012 et 8 779 en 2013.  L’arrivée de la Zoé en mars 2013 a « boosté » les ventes (5 511 Zoé en 2013) et le lancement remarqué de la BMW i3 a confirmé l’intérêt que les constructeurs les plus prestigieux pouvait porter à l’électrique.

Dans le domaine du VU, l’offre de produits électriques est assez réduite et les chiffres d’immatriculation plus modestes : 1 663 en 2011, 3 647 en 2012 et 5 170 en 2013 dont  4 200 Kangoo ZE et 580 Goupil G3.

Nous pourrions nous étonner de constater que les principaux acquéreurs de VP électriques soient les constructeurs et leur réseau (VD + garages). Sans doute faut-il y voir le désir de leur part de mettre de nombreux véhicules à la disposition du public pour les faire connaître (!) ; viennent ensuite les particuliers, puis les entreprises.

 Les VU électriques quant à eux sont achetés ou loués à 95% par les entreprises.

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L’année 2013 est bien une année de retournement avec des entreprises qui pèsent de plus en plus lourd dans les immatriculations totales et qui commencent également à amorcer un virage énergétique en faveur de l’essence, de l’hybride et de l’électrique que l’on n’osait pas imaginer il y a encore deux ou trois ans. L’année 2014 confirmera-telle cette tendance ? Les premiers mois de cette nouvelle année seront très intéressants à suivre de ce point de vue.

Philippe Brendel

(Sources OVE Scope et AAA)