L’autopartage menace-t-il les constructeurs automobiles ?

Car2go l autopartage par Mercedes

D’Uber à Autolib’, ces nouveaux services se développent à grande vitesse. Ils poussent les géants de l’automobile à revoir leur stratégie.

Uber, BlaBlaCar, Autolib’… Le succès des nouveaux services de mobilité auprès du public est réel. Celui qui a un véhicule peut dorénavant espérer en tirer des revenus. Celui qui n’en possède pas dispose de services de mobilité de plus en plus en plus nombreux et souvent moins onéreux que les offres traditionnelles.

Cette évolution, d’aucuns parlent de révolution, symbolise la transformation de la relation à la voiture. Aujourd’hui, l’utilisateur n’a plus besoin d’être propriétaire de la voiture, mais se contente de payer pour l’usage, avec des formats multiples: avec chauffeur, à plusieurs, en payant à la minute, à la journée, sur de longues distances, pour le trajet domicile-travail…

L’utilisation de ces services reste encore marginale par rapport à l’ensemble des déplacements par route. Mais leur développement est cependant très rapide. Surtout, ces changements qui ont un impact sur les transports quels qu’ils soient auront aussi un impact sur les acteurs traditionnels du monde automobile, constructeurs en tête.

Un marché en hausse de 40 % par an

Dans des villes de plus en plus grandes, où le trafic automobile est de plus en plus congestionné, la voiture devient forcément un problème. Pour les autorités publiques et pour les utilisateurs. Faire en sorte que les véhicules en circulation soit plus remplis et plus utilisés représente une solution pour traiter ces problèmes. La simple possession d’une voiture peut être perçue comme un problème par les autorités, 30 % du trafic en agglomération correspondant à des véhicules recherchant un stationnement.

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Voiture autonome, General Motors et Lyft préparent le taxi de demain.

Voiture autonomeTout va décidément très vite avec la voiture autonome. L’arrivée de celle-ci va bouleverser les modèles économiques existants dans tous les domaines et notamment le domaine du déplacement urbain ou périurbain. La voiture autonome pourrait-elle remplacer heureusement les taxis ou les VTC ? Pourra-t-elle également révolutionner le déplacement en entreprises ? Tout le laisse à penser aujourd’hui et tous les acteurs de la filière automobile doivent non seulement s’y attendre mais aussi se préparer à adapter leurs modèles économiques à cette nouvelle donne.

Le partenariat entre General Motors et Lyft, dont il est question dans l’article ci-dessous, annonce les grandes manœuvres (source : Atelier BNP Paribas).

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C’est l’une des annonces les plus spectaculaires des premiers jours du CES, édition 2016 : le constructeur américain General Motors a investi 500 millions de dollars dans la start-up Lyft. D’avantage qu’un investissement, il s’agit d’un véritable partenariat, puisque les deux entreprises ont affirmé leur volonté de travailler ensemble à l’élaboration de voitures autonomes, et de promouvoir l’introduction de ces derniers dans la société américaine. Dans le communiqué relayé sur le site de General Motors, le président et co-fondateur de Lyft, John Zimmer, affirme ainsi : « Ensemble, nous construirons un avenir meilleur en changeant la conception traditionnelle du véhicule individuel. » Cet accord inédit entre un géant de l’automobile et un jeune acteur de l’économie à la demande, ou « Gig economy », constitue une aubaine pour les deux partis, selon Ryan Chin, chercheur au MIT Media Lab : « Les partenariats qui marchent sont ceux où chaque partie apporte quelque chose que l’autre ne possède pas. Dans le cas de Lyft et General Motors, l’expertise de Lyft en matière d’économie à la demande, avec laquelle General Motors lutte depuis un moment, a certainement penché dans la balance. » La start-up californienne bénéficiant en contrepartie de l’expérience, des moyens et du savoir-faire de General Motors.

De l’autopartage à la voiture autonome ?

Il est très probable que la transition vers la voiture autonome, électrique et partagé, que beaucoup voient comme l’avenir de la mobilité urbaine, sera en partie assurée par des acteurs comme Lyft ou Uber, qui offrent déjà un service de circulation communautaire efficace dans de nombreuses grandes villes. Cette ambition est clairement assumée par Travis Kalanick, le CEO d’Uber. Lors de la dernière édition de Salesforce, au cours d’une discussion avec Marc Benioff, il affichait ainsi sa volonté de faire d’Uber le moyen de transport privilégié de ses utilisateurs, devant la voiture individuelle : « Notre but, et la raison pour laquelle nous avons développé UberPool, est de rendre Uber moins cher que de posséder une voiture. Si nous parvenons à faire cela, songez à tous les avantages : vous n’avez plus de problèmes de parking à San Francisco, plus d’embouteillages, […] moins de pollutions, des dizaines de milliers d’emplois créés dans la ville, etc. » Or, passer d’une flotte de véhicules avec chauffeur à une flotte de voitures autonomes constitue un excellent moyen de réduire drastiquement les coûts. Selon la firme ARK Invest, les trajets effectués dans des véhicules Uber autonomes coûteraient aux passagers 25 cents par mile, contre 2,15 dollars par mile pour un trajet en UberX aujourd’hui. Pour réaliser cet objectif, Uber a effectué un partenariat avec l’Université d’Arizona, afin de construire des caméras de pointe destinées aux véhicules autonomes, et ouvert un centre robotique à Pittsburgh, qui emploie les meilleurs chercheurs de l’université Carnegie Mellon.

Bientôt un partenariat entre Ford et Google ?

General Motors, de son côté, s’est également associé avec la start-up israelienne Mobileye, afin d’équiper ses véhicules de caméras haut de gamme capables de détecter et analyser l’environnement. Installées sur des voitures qui seront ensuite vendues aux clients, elles permettront au constructeur américain d’élaborer des cartes dotées d’un fort niveau de détail et constamment mises à jour, qui s’avèreront fort utiles aux futurs véhicules autonomes développés par la marque.

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Ford : tirs groupés sur les déplacements du futur

Ford

Ford est décidément en pointe dans tous les domaines de la technologie embarquée et du déplacement durable avec son plan Smart Mobility qui vise à développer les nouvelles technologies en matière de connectivité (Sync), de mobilité, de véhicules autonomes, d’expérience client et de “big data”. Le groupe américain vient d’annoncer deux nouveautés intéressantes : le Ford Credit Link et le FordPass.

Le Ford Credit Link :

Avec le nouveau programme de leasing de Ford Motor Credit Company, les clients pourront partager un véhicule Ford. Cette nouveauté sera lancée, à partir du mois de février, sous forme d’un « pilote » auprès des clients Ford Credit d’Austin, au Texas. Le concept est intéressant pour au moins deux aspects : il est destiné aux consommateurs qui n’ont pas besoin d’un véhicule à temps plein, mais qui souhaitent disposer de leur propre véhicule quand cela est nécessaire ; c’est une offre nouvelle et originale qui est lancée par une entreprise plus que centenaire et non plus par une « start-up barbare ». Cela prouve que la « vieille économie » ne sera pas la dernière à se remettre en cause (suivre l’exemple récent de Michelin avec ses rachats de site internet de vente de pneus ou l’achat de bookaTable annoncé hier).

Cette offre intéressera les familles ou les ménages avec plusieurs conducteurs , mais aussi les groupes de voisins, d’amis, de collègues… ayant des besoins ponctuels de déplacement avec un véhicule. C’est la mutipropriété automobile. Les utilisateurs qui se seront regroupés pour financer un véhicule (groupes de trois à six utilisateurs )pourront réserver des créneaux d’utilisation, vérifier l’état du véhicule, procéder aux révisions, communiquer les uns avec les autres, voir leur compte ou encore effectuer des paiements grâce à un module connecté au véhicule et une application spécifique.

Nous connaissions déjà l’autopartage, là le concept va plus loin : c’est un autopartage organisé au plus petit échelon. Il y a une idée intéressante à creuser dans le monde professionnel qui pourra être exploité par les financeurs et loueurs. Il restera une chose à vérifier : l’entente entre les utilisateurs sera-t-elle aussi durable que leurs déplacements ?

Le FordPass

Avec FordPass, Ford vise à faire, pour les propriétaires de voitures (Ford ou non), ce que iTunes a fait pour les fans de musique. . FordPass propose quatre services pour ses membres

-Des services de mobilité : les services de transport comme réserver et payer un parking à l’avance, le covoiturage, l’autopartage et les services de transport multimodal à venir dans le futur. Ces services pourront être payés par FordPay. Ford  se positionne ainsi comme un « vendeur de mobilité »

-L’accès à des conseillers en ligne (FordGuides) qui fournissent une assistance à tout membre FordPass qui a besoin d’aide sur le trajet indépendamment de sa localisation (crevaison par exemple).

-Le déploiement de FordHubs, où les clients pourront retrouver les dernières innovations de la marque et des informations sur ses services de mobilité.

-Des formules club qui récompenseront la fidélité des clients.

Les relations avec le réseau ne sont pas oubliées puisque les clients pourront planifier un rendez-vous de maintenance et avoir accès à leur espace personnel. Les clients dont les voitures sont équipées de SYNC Connect pourront localiser leur véhicule, le faire démarrer à distance ou lire sur leur smartphone le niveau de carburant, d’huile, la pression des pneus ou la charge de la batterie.

Ford Pass sera lancé en avril aux États-Unis et au Canada, puis en Europe, en Chine et au Brésil.

Certes, FordPass a un caractère de « déjà vu » chez d’autres constructeurs, mais ce programme montre une fois de plus que les constructeurs n’ont aucune envie de laisser la place aux « nouveaux » entrants sur ce marché (GAFA) et qu’ils entendent bien conserver la valeur ajoutée que ces nouveaux services ne manqueront  pas de créer.

Philippe Brendel

Tesla veut commercialiser sa voiture autonome dès 2018

La voiture autonome de Tesla

Tesla : la course continue. À quelques jours de l’ouverture du CES – le salon de l’électronique de Las Vegas –, Elon Musk, le charismatique patron du fabricant californien de voitures électriques, a déclaré dans une interview au magazine Fortune que la première Tesla 100 % autonome sera techniquement prête d’ici deux ans, et qu’elle pourrait être commercialisée dès 2018, si le législateur le permet. Cette annonce fait l’effet d’une bombe à l’heure où Google ou Nissan, jusqu’ici les plus ambitieux dans ce domaine, ne prévoient le lancement de leur voiture complètement autonome qu’autour de 2020 et que la plupart des autres grands constructeurs n’envisagent rien de tel avant 2025 ou 2030.

Apprentissage profond

Pour étayer sa prédiction, Musk explique que les Tesla Model S qui circulent aujourd’hui sont déjà équipées de capteurs et de moyens de communication permettant de nourrir et d’enrichir le logiciel encore en développement des futurs modèles autonomes de la marque. Comme ses concurrents, Tesla utilise des algorithmes d’apprentissage profond pour permettre à la voiture de mieux comprendre les situations complexes. Il s’agit notamment pour Musk de valider dans les deux ans à venir qu’une voiture autonome est vraiment plus sûre que celles conduites par un humain, aussi compétent soit-il, et ce en toutes circonstances.

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George Hotz a conçu une voiture autonome en un mois

Honda Acura ILX

Honda Acura ILX

Le nom de George Hotz (Geohot) doit certainement vous dire quelque chose. Alors qu’il n’avait que 17 ans, il fut le premier à jailbreaker un iPhone. Aujourd’hui, son nouveau dada, c’est la voiture autonome. Dans les années 70, lorsque des étudiants s’enfermaient dans un garage, c’était pour concevoir un ordinateur. En tout cas, c’est ce que dit la légende. Quarante ans plus tard, les mêmes garages servent à mettre au point des voitures autonomes.

Le jeune homme a mis au point un prototype tout seul, en guère plus d’un mois. Il a pris comme modèle de base un Acura ILX 2016 qu’il a bourré d’électronique. C’est d’ailleurs assez marrant, les photos publiées montrent beaucoup d’électronique grand public. On y voit un vulgaire hub USB Amazon Basic ou encore un écran 21“ Dell comme tableau de bord. Le hacker, pas peu fier, fait remarquer que les Tesla n’ont que des écrans 17”.

La voiture autonome de George Hotz

Image : Peter Bohler / Bloomberg Businessweek

Cette voiture tourne sous Linux (Ubuntu a priori). Le joystick qui donne l’impression d’être dans une bat-mobile n’est là que pour permettre de réaliser des tests. Enfin, la boite à gants a été recyclée en mini-ordinateur avec tous les équipements nécessaires pour faire fonctionner un tel engin : mini-pc, hub, GPS, capteurs…

Il faut s’imaginer la scène. George Hotz a invité Ashlee Vance, journaliste chez Bloomberg Businessweek, quelques jours avant Thanksgiving. Le journaliste connaissait très bien le palmarès d’exploit réalisé par Geohot, mais l’idée de concevoir une voiture autonome seul et en un mois parait délirante. À comparer avec les centaines d’ingénieurs qui travaillent depuis des années sur des projets similaires chez Google ou chez Tesla, pour ne citer qu’eux…

Une fois le tour du propriétaire terminé, George Hotz a dit à son invité, un brin sceptique, que le meilleur moyen de se rendre compte de tout cela était de faire un tour en voiture. On imagine le petit stress qu’a dû avoir le journaliste lorsqu’il est monté pour la première fois dans la voiture. Geohot a su le mettre à l’aise avec des petites phrases bien senties du genre « Ne touche à aucun bouton sinon on meurt » ou en lui révélant quelques anecdotes. Le système de conduite automatique avait fonctionné correctement pour la première fois le matin même !

Voir la vidéo :

Il y a encore beaucoup d’inconnues dans ce projet qui laisse rêveur, mais celui-ci est peut-être aussi révolutionnaire que les micro-ordinateurs des années 70. Son but est de commercialiser un package aux particuliers et/ou aux constructeurs automobiles permettant de rendre n’importe quelle voiture autonome pour environ 1000 $.

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Philippe Brendel

Voitures autonomes : « le risque zéro n’existe pas »

Tesla à la pointe de la technologie

Cet entretien avec Luca Rigazio, spécialiste des systèmes autonomes et de leur interaction avec les humains, est consacrée à l’évolution de la voiture vers l’autonomie totale, et aux enjeux qu’elle suscite.

Director of Engineering au laboratoire de Panasonic dans la Silicon Valley, Luca Rigazio est spécialisé en intelligence artificielle et machine learning. Il a récemment centré ses recherches sur les systèmes autonomes : véhicules sans chauffeurs ou hautement automatisés, robots et drones. L’Atelier l’a rencontré pour discuter de l’avenir de ces technologies et de la place qu’elles occuperont peut-être bientôt dans notre quotidien. 

Vous travaillez sur les systèmes autonomes. La voiture sans chauffeur est sans conteste vue comme l’une des innovations les plus spectaculaires en matière de mobilité. Pensez-vous qu’elle finira par être adoptée par le public ? À quel horizon ?

Les véhicules autonomes vont bien sûr occuper une place importante dans le futur. Néanmoins, cela va prendre un certain temps : non pour des problèmes technologiques, mais plutôt pour des questions de législation, d’assurances et de société. A mon sens, il faudra compter une trentaine d’années environ. Mais la technologie est déjà quasiment prête : nous avons aujourd’hui des voitures en grande partie autonomes, c’est le cas des véhicules commercialisés par Tesla, notamment.

Tesla est aujourd’hui l’acteur le plus avancé en matière de voitures autonomes ?

Les seules voitures sur les routes capables de se conduire toutes seules sont celles de Tesla. En tant que start-up, ils prennent davantage de risques et permettent à leurs véhicules de faire plus que ceux des autres constructeurs. Il est par exemple possible d’envoyer un texto tout en laissant la voiture se conduire toute seule pendant ce temps. C’est impressionnant, mais aussi légèrement inquiétant, dans la mesure où la technologie utilisée est bien moins développée que celles que Google utilise sur ses voitures autonomes (qui, elles, ne sont pas mises sur le marché). Le nombre de capteurs utilisés, par exemple, est bien plus réduit. Tesla prend donc un risque, dans l’esprit de la Silicon Valley, mais un risque pris sur des véhicules d’une tonne et demie…

Quels bénéfices pensez-vous que les voitures autonomes puissent nous apporter ?

Voitures autonomes

Les être humains ne deviendront pas de meilleurs conducteurs : il y a un plafond aux capacités humaines. Elles peuvent s’améliorer, mais de manière résiduelle, et sur plusieurs générations. A l’inverse, la technologie peut s’améliorer de manière exponentielle. Ainsi, les voitures autonomes adopteront tôt ou tard une bien meilleure conduite que leurs homologues humains, ce qui permettra, entre autres, une diminution des accidents de la route.

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Philippe Brendel