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L’industriel breton, qui vient de célébrer le troisième anniversaire du service Autolib’, n’est plus très loin de l’équilibre pour l’autopartage. Il a su aussi diversifier son savoir-faire dans les batteries. Mais, le pari de la voiture électrique n’est pas gagné pour autant.

« Le groupe va bien. On n’est pas ruiné », a répondu Vincent Bolloré à une question sur la rentabilité de ses investissements dans le stockage électrique. Il est vrai que beaucoup d’argent a été investi dans les batteries et les super capacités (3 milliards d’euros à ce jour, et 400 millions par an). Il a fallu aussi financer la mise en place d’Autolib’, avec les coûts fixes que cela représente (1000 salariés, 4 millions par mois, plus 3 millions de redevances par an pour l’occupation de l’espace public).

En ce qui concerne Autolib’, le bilan est plutôt bon. Au bout de trois ans, le service d’autopartage a cumulé 8 millions de locations pour 73 millions de km parcourus en mode zéro émission. Plus de 200 000 personnes ont au moins essayé une fois la Bluecar et près de 70 000 ont un abonnement actif. Encore 10 000 de plus et le service sera à l’équilibre. C’est mieux que prévu en raison de l’engouement pour la voiture électrique bretonne. Autolib’ a fait la démonstration de son efficacité et le syndicat qui gère le service compte aujourd’hui 71 communes, qui épousent pratiquement les limites du futur Grand Paris. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Bolloré va porter jusqu’à 3500 le nombre de ses voitures en Ile-de-France (contre 2900 aujourd’hui). L’offre se décline aussi avec Utilib’, qui se destine aux artisans avec une flotte de 150 voitures.

Et puis, il faut aussi parler de Lyon (Bluely) et de Bordeaux (Bluecub), sans oublier Indianapolis (BlueIndy) et Londres (Bluecity). Le groupe compte également répondre à l’appel d’offres de Singapour pour s’implanter en Asie.

Tout cela est vraiment très bien. Mais, les batteries lithium-métal-polymère ne percent pas au-delà de l’écosystème Bolloré. Elles n’ont pas convaincu les constructeurs automobiles, et pas plus Renault – partenaire dans l’autopartage – qui mise sur la technologie des coréens de LG pour doubler l’autonomie. La firme au losange, qui va produire les Bluecar à Dieppe à partir de juillet prochain, et qui va aussi concevoir avec le groupe un véhicule à trois places, n’a d’ailleurs pas retenu les batteries dans le cadre du partenariat.

Et Bolloré ne travaillera pas non plus avec Tesla (ça, cela aurait été un scoop), comme cela a été dit en réponse à une question pendant la conférence de presse. Vincent Bolloré souhaite voir la voiture électrique populaire s’imposer, alors que le choix du constructeur californien (qui coopère avec Panasonic) a été de viser le luxe avant de descendre progressivement en gamme. Ce qui n’empêche pas d’avoir des visées sur le marché de la côte ouest des USA, avec la version cabriolet de la Bluecar (Bluesummer).

En vérité, on ne voit pas très bien comment le groupe de l’industriel breton peut faire la différence dans l’automobile. Les constructeurs annoncent des évolutions sensibles de leurs batteries et l’arrivée de la voiture à hydrogène (avec une autonomie de  plus de 500 km) bouscule un peu aussi le secteur.

Mais ce savoir-faire profite par contre aux autres divisions du groupe BlueSolutions, comme par exemple les bus (qui vont notamment équiper la RATP) et le tramway. Et puis, il reste encore l’atout des infrastructures de charge. Bolloré, qui représente déjà les 4/5èmes du réseau français, est candidat pour déployer 16 000 bornes de charge sur le territoire.

Quelle que soit l’issue, l’industriel breton est déjà assuré d’avoir marqué l’histoire de la voiture électrique en France.

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