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Privé de son jouet pour Noël (l’abaissement des limitations de vitesse, qui ne passerait vraiment pas avant les municipales), le Conseil National de Sécurité Routière aimerait bien imposer une boîte noire. Mais, elle  ne sera pas au pied du sapin non plus.

Dans le communiqué laconique publié vendredi dernier, le CNSR fait part de propositions, dont celle qui consiste à « organiser la récupération des données, d’ores et déjà présentes dans les  systèmes de pilotage des véhicules, afin de reconstituer la genèse des accidents ». En clair, il s’agit d’exploiter les informations contenues dans les capteurs embarqués. Disons au hasard la vitesse. Les soi-disant experts de ce comité expliquent que cette solution est sans surcoût et qu’elle est surtout basée sur l’enregistrement sans son  ni image du mouvement du véhicule. Seul léger problème : elle « nécessite néanmoins qu’une standardisation du format des données soit opérée au niveau européen pour les futurs véhicules ». Et on se doute bien que ce n’est pas le CNSR avec ses petits bras musclés qui va convaincre la Commission et les constructeurs sur ce dossier.

D’autre part, il reste à régler aussi le cas de l’accès aux données. Qui serait chargé de les décrypter et de les exploiter ? Cela promet de belles discussions, avec à la clé une mobilisation d’avocats spécialisés et d’associations.

Fondamentalement, ce type de mesure pourrait-elle vraiment aider à améliorer la sécurité routière ?

La réponse est sans doute oui, si l’on prend en compte plusieurs facteurs comme la trajectoire et la vitesse, mais aussi la position géographique (pour faire le lien avec l’infrastructure et un éventuel point noir), l’utilisation ou non des freins et des clignotants, sans oublier l’état du véhicule (état des pneus et pression, amortisseurs, etc…). Gageons que le CNSR aimerait sans doute pouvoir établir aussi si le conducteur était en train de téléphoner au moment de l’impact. Mais, il serait encore plus pertinent de déterminer quel était l’état de santé de celui qui tenait le volant. L’arrivée programmée de caméras intérieures, surveillant les paupières, et de capteurs mesurant le rythme cardiaque, vont aider à enrichir la connaissance.

L’exploitation de données toujours plus fines pourra sans doute un jour éclairer de façon objective les décideurs sur les causes réelles (et non supposées ou suggérées) des accidents de la route. Un point qui pourrait s’avérer à double tranchant pour les partisans de la seule répression aveugle.

A défaut de pouvoir imposer un enregistreur vidéo (comme cela existe sur le marché du post équipement, afin de filmer la route et de stocker les images d’une collision sur une mémoire tampon), ni un boîtier quelconque, le CNSR va donc devoir attendre un moment. Mais, nul doute que les constructeurs apporteront une réponse technique.

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