Dans un avis, le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) se penche sur la filière automobile et se prononce en faveur de la mise en place d’une vraie équipe de France pour relever le défi de la compétitivité.

La filière automobile a commencé à se structurer lors de la naissance du « Pacte automobile de première génération », conclu en février 2009 entre l’État et la profession. Il y a eu des mesures de soutien (prêts de l’État aux constructeurs et d’Oseo aux PME), ainsi que la création de plusieurs instances, dont la Plateforme de la Filière Automobile (instance de concertation entre les professionnels), le comité stratégique de filière automobile (où siègent les partenaires sociaux), ainsi que la mise en place du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA), constitué avec le concours de l’État, des constructeurs et des équipementiers eux-mêmes. Le pacte comprenait également l’engagement de la profession à affecter la fabrication en France de nouveaux modèles ou de nouvelles versions de véhicules et à s’investir de manière plus déterminée dans des ruptures technologiques.

C’était une première étape. Une action ordonnée autour des constructeurs et des équipementiers a pu se mettre en place, tout en s’appuyant sur le réseau des Associations régionales de l’industrie automobile (ARIA) et s’associant aux pôles de compétitivité automobile.

La PFA a récemment revu son mode de fonctionnement pour arriver à une filière mieux intégrée et plus homogène en mettant l’accent, en particulier, sur les pôles de compétitivité et sur l’interface des systèmes d’information.

Mais, l’automobile française n’a pas encore atteint un niveau satisfaisant de « coopétition ». Elle n’a pas réussi à atteindre l’efficacité du GIFAS (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) français dans le domaine aéronautique ou du VDA (Verband der Automobilindustrie) allemand, dans le domaine automobile.

Pour le Conseil, il faut donner des perspectives technologiques et industrielles aux fournisseurs et en les inscrivant dans une logique territoriale. Par ailleurs, il n’y aura de filière prête à relever le défi de la concurrence qu’à la condition d’une coopération positive : la valeur ajoutée doit pouvoir se dégager pour tous les maillons de la chaîne : de l’industrie, du commerce et des services.

C’est ainsi que le CESE recommande l’ouverture de la « filière » à l’ensemble des composantes intervenant en France, que ce soit aux entreprises de la distribution et des services qui représentent un volume considérable d’emplois non délocalisables, mais aussi aux constructeurs et aux équipementiers étrangers présents sur le sol national et créateurs d’emplois. À terme rapproché, la réflexion devra également intégrer les autres opérateurs de l’écosystème avec lequel l’automobile est en interaction (fabricants de batteries, fournisseurs d’électricité, concepteurs de logiciels dédiés à la mobilité…).

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