Le film « Revenge of the Electric Car », le fameux film de Chris Paine, n’est disponible pour le moment qu’aux Etats-Unis, où des projections sont organisées dans quelques grandes villes. Mais, nous avons pu assister à une avant-première, organisée à Amsterdam à l’initiative de Nissan et des partenaires impliqués aux côtés de la ville dans le domaine de l’électro mobilité.

Contrairement à ce qu’on pouvait croire, « Revenge of the Electric Car » n’est pas un film militant en faveur du véhicule électrique. Il est plus mesuré qu’on ne le pense et laisse la place au doute, par exemple en évoquant le risque pris par Nissan (en cas d’échec, pronostique un éditorialiste du Wall Street Journal, il n’y aura plus de Carlos Ghosn, ni même de Nissan), ou encore quand on voit les difficultés de Tesla, qui a brûlé son cash, à trouver du financement. L’intérêt du film vient du fait que la crise a eu lieu en plein tournage du film et que Chris Paine a été le témoin de la transformation de General Motors (ce GM qu’il pourfendait pour avoir détruit les fameuses EV1).

Ce documentaire repose sur 4 personnages, dont Bob Lutz (ancien Vice-Président de GM et qualifié de Mr Detroit, symbole du pétrole et de la puissance), Elon Musk (PDG de Tesla, le challenger), Greg « gadget » Abbott (un géo trouvetou qui transforme n’importe quelle voiture en électrique) et donc Carlos Ghosn (le PDG de Renault et Nissan, présenté comme un Napoléon et un guerrier).

Il y a dans ce film quelques scènes savoureuses, comme Bob Lutz se déplaçant en Segway dans sa ferme du Michigan, Carlos Ghosn en chef des troupes qui inspecte une usine et signe des autographes (et qui dit « ok », « very good » en découvrant au Japon la version de série de la Leaf ») ou encore Elon Musk qui pâlit en entrant dans un hangar rempli de roadsters qui sont des retours d’usine. Il y a aussi quelques « guest stars » dont Dany de Vito (qui adorait l’EV1), Anthony Kiedis des Red Hot Chili Peppers, ou encore Arnold Schwarzenegger. Jon Favreau, le réalisateur d’Iron Man, s’exprime aussi pour dire que le fondateur de Tesla (qui avait fondé PayPal, puis SpaceX) a servi de modèle pour Tony Stark dans le film, genre golden boy flamboyant.

Une autre scène, amusante, est celle où Bob Lutz et Elon Musk (l’un représentant l’industrie du passé, l’autre celle de l’avenir et symbole de la Silicon Valley face à Detroit) se croisent au salon de Detroit et se penchent avec intérêt sur la Leaf. Sinon, on aperçoit à la fin Shai Agassi de Better Place en Israël et le film passe en revue d’autres modèles dont la Mini E, l’Active E de BMW et la Ford Focus électrique. Il évoque aussi une prévision d’un million de voitures et d’un million de bornes à horizon 2015.

Si ce film sort un jour en France, les spectateurs apprécieront un documentaire rythmé, bien monté, et avec une bande-son efficace. Chris Paine est un convaincu (sa Tesla est pourtant en panne dans le film), mais il a évité l’écueil d’un plaidoyer à la Michael Moore.

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